À Tours, une innovation majeure contre la dépression sévère

À Tours, une innovation majeure contre la dépression sévère

La récente découverte par un chercheur tourangeau de l’Inserm d’une stratégie thérapeutique innovante reposant sur l’utilisation de très petits fragments d’anticorps pourrait améliorer sensiblement le traitement des dépressions persistantes. Explications.

L’espoir renaît sur le terrain de la dépression, cette maladie psychique que peu de molécules spécifiques sont en capacité de traiter. Le chercheur Thibaut Laboute, qui fait partie du laboratoire de recherche neurologique Inbrain, dépendant de l’Inserm et de l’Université de Tours, vient en effet de démontrer l’efficacité d’un « nano body » dans les cas d’atteintes dépressives sévères. Ces petits fragments d’anticorps seraient ainsi capables de cibler avec une grande précision certains récepteurs du cerveau, après administration intranasale.

Efficacité chez les souris

Les formes de dépressions sévères ou persistantes touchent un Français sur 20, soit environ 3,5 millions d’habitants. Or la molécule Kétamine, habituellement utilisée, souffre de deux handicaps. Elle est relativement longue à agir (entre trois semaines et un mois). De surcroît, elle créé des effets secondaires, notamment l’assoupissement des patients. La découverte de l’équipe conduite par Thibaut Laboute a consisté d’une part à identifier l’un des récepteurs majeurs situé dans le cortex préfrontal, une région clé de la régulation des émotions. Ce récepteur est anormalement augmenté chez les sujets dépressifs. A son contact, le nano body 20, conçu par les chercheurs, a d’autre part produit des effets anti-dépresseurs durables chez les souris.

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Guillaume Fischer

Photo : Thibaut Laboute est l’un des quelque 150 chercheurs de l’Inserm à Tours. Inserm ©