
Être aujourd’hui patron de Duralex, c’est un peu courir un marathon par jour. Heureusement, François Marciano en a l’énergie. A 59 ans, il se donne corps et âme pour cette boîte qu’il aime plus que tout et qu’il a choisi d’entrainer vers des cieux plus cléments.
François Marciano est aux anges, la Poste vient d’éditer quatre timbres collector à l’effigie du savoir-faire de Duralex. En ambassadeur infatigable de l’entreprise qu’il tente de remettre à flot, il se réjouit devant les journalistes qui le sollicitent.
S’ils sont des mots qui caractérisent François Marciano, “ déterminé ” et “ passionné ” arrivent en tête sans aucun doute. Déterminé par la mission qui est désormais la sienne, et passionné par son métier de verrier. Un métier dur, qu’il n’a plus quitté du jour où il est entré dans la cristallerie d’Arques dans le nord, là où travaillait déjà son père et avant lui son grand-père Angelo. Comme tous les gars du Nord, François est fier de sa condition, et de celle de ses aïeux dont il porte le nom à consonance italienne. “ Vous vous en souviendrez facilement, c’est l’anagramme de macaroni ” !
A 59 ans, il est aussi fier de cette usine dont il s’occupe et qu’il veut à tout prix redresser et garder en France. Une entreprise créée en 1945 par Saint-Gobain, ancrée à La Chapelle-Saint-Mesmin, et dont il dit qu’elle incarne un savoir-faire unique, celui du verre trempé, incassable, teinté dans la masse et durable au fil des générations.

Le social au cœur du projet
Il s’en donne du mal le François pour porter la bonne parole, trouver de l’argent, et sauver cette entreprise dont il a fait de chaque salarié ou presque, le propriétaire. Autrefois directeur technique, il les connaît tous par leur prénom, leur dit bonjour chaque matin, avec le tutoiement qui sied à la camaraderie industrielle. “ Si vous savez être gentil, reconnaissant et dire merci, les choses vont beaucoup mieux ”. Le social est au cœur de toutes ses options. “ Toujours travailler avec les gens, et non pour vos propres intérêts comme le faisaient les précédents actionnaires ”.

Depuis qu’il est PDG de la Scop, il va sans rechigner sur les plateaux de toutes les radios, TV nationales et locales qui le sollicitent, expliquer son plan d’action, les nouveaux objectifs marketing, le nouveau design pour de nouveaux produits et de nouveaux marchés. “ Vous allez voir en 2026, la diversification sera énorme ”.
Il fait visiter la fonderie, fier de ce verre en fusion et de ses moules d’où sortent les verres avec ce petit numéro que les enfants de toutes les cantines regardent chaque jour.
Avec sa carrure de rugbyman, Marciano est en première ligne. Il fonce et entraîne avec lui sa nouvelle équipe. 250 “ salariés actionnaires ” qui en veulent, ultra motivés par le gars du Nord. François ne dort que deux ou trois heures par nuit, il donne le reste de son temps à cette SCOP qu’il aime passionnément, et d’où sortent 90 millions de verres et d’assiettes chaque année.
Stéphane de Laage


