
Depuis plus de 20 ans à Tours et 10 ans à Blois, l’École de la 2e Chance Val de Loire accompagne les jeunes sans diplôme vers l’emploi ou la formation. Portée par un engagement humain fort, elle fait le pari de la motivation, de l’autonomie et d’un accompagnement individualisé pour offrir à chacun une nouvelle chance de réussir.
En franchissant la porte du 14 boulevard de Preuilly, au 3e étage de l’immeuble de Tours, l’ambiance est détendue. Devant la machine à café, on discute, on rigole sur un canapé, on lit dans le coin bibliothèque. On pourrait se croire dans une école “ classique ”, mais ici, on redonne d’abord une chance. Celle de se reconstruire, d’apprendre à nouveau à croire en soi, et surtout de préparer son avenir professionnel malgré un parcours souvent cabossé.
À Tours depuis 2004, à Blois depuis 2014, l’École de la 2e Chance (E2C) Val de Loire est un dispositif d’insertion sociale, citoyenne et professionnelle. Elle s’adresse aux jeunes de 16 à 30 ans sortis du système scolaire sans diplôme ni qualification, et les accompagne vers l’emploi ou la formation. “ On a tous le droit à plusieurs chances dans la vie ”, affirme Bruno Libault, directeur de l’E2C Val de Loire. “ On valorise les compétences, les qualités humaines, et l’on travaille avec les jeunes sur leur projet professionnel, sans jugement. ”
Un public en décrochage, mais pas sans potentiel
Chaque année, environ 300 jeunes sont accueillis sur les sites de Tours et de Blois. Leur moyenne d’âge : 19,7 ans. Certains ont quitté l’école tôt, d’autres sont passés par des réorientations multiples, des refus sur Parcoursup, ou des périodes d’errance. “ Ce sont des jeunes qui ont parfois perdu confiance ”, explique Marie Gauduchon, coordinatrice pédagogique. “ Il y a souvent des freins périphériques : logement, mobilité, santé mentale… Il faut travailler sur tout cela pour que l’insertion soit durable. ”
En 2024, 75 % des jeunes accompagnés par l’E2C Val de Loire ont connu une insertion professionnelle, sociale ou citoyenne, avec 67 % de sorties positives : 19 % en emploi (CDI, CDD), 23 % en formation qualifiante, 19 % en contrat d’alternance, 6 % en contrat aidé.
Un parcours individualisé, à son rythme
L’entrée à l’E2C se fait sans critère de diplôme. Il suffit d’être motivé, disponible et prêt à s’investir. Après une réunion d’information, un entretien individuel est organisé pour évaluer la motivation du candidat. Le parcours débute par 6 semaines d’essai (4 semaines en centre, 2 en entreprise), permettant au jeune de découvrir le rythme, les attentes, et de confirmer son engagement. Ensuite, il s’engage dans une formation de 6 à 9 mois en moyenne, mêlant ateliers en centre et stages en entreprise.
Les entrées sont permanentes, tout au long de l’année, et le jeune peut quitter le dispositif dès qu’un projet solide se concrétise (emploi, alternance, formation). Et après la sortie ? Un suivi post-formation d’un an est assuré, pour consolider les projets.
Un écosystème d’acteurs mobilisés
L’E2C Val de Loire repose sur un réseau de 1 500 entreprises partenaires. Le lien avec le monde économique local est constant. En 2014, déjà 330 ont collaboré à Tours : stages, mentorat, job dating, simulations d’entretien, visites d’entreprises, … « Les entreprises jouent un rôle crucial. Elles découvrent des jeunes motivés, sans qualification mais avec une vraie volonté. Si l’investissement en stage est sérieux, cela peut déboucher sur un emploi ou une alternance », souligne Bruno Libault.
Chaque année, environ 100 000 jeunes sortent du système scolaire sans diplôme. Face à ce constat, l’E2C n’est pas un dispositif de secours, mais une vraie solution. Elle redonne un cap, une méthodologie, un cadre. Elle ne promet pas un avenir tout tracé, mais offre un point d’appui solide pour se relancer.
Sophie Manuel


