
À l’approche des élections municipales, l’association des maires de France déploie une campagne nationale “ Osez l’engagement ”. L’épicentre veut soutenir, en le relayant, l’engagement citoyen de bon nombre de nos lecteurs.
“Ah, si j’avais le temps ; c’est sûr, je m’engagerais pour ma commune. ” 60 % des citoyens sont prêts à s’engager ou aimeraient le faire…, s’ils en avaient le temps.
24 % se disent prêts à siéger au conseil municipal, ce qui représente un vivier théorique de 12 millions de personnes. À ce jour 14 % des citoyens participent déjà à la vie locale, ce qui totalise 489 000 conseillers municipaux. C’est beaucoup, mais juste ce qu’il faut pour administrer nos communes.
À la veille des municipales, les associations des maires se mobilisent pour appeler à l’engagement citoyen, pour dire à chacun d’entre nous qu’il y a mille intérêts à prendre part à la vie de sa commune, pour faire avancer les choses et construire.”

Ce qui me fait vibrer ? Ce sont les gens, les administrés, et le territoire dans lequel nous vivons. Valérie Martin, maire de Loris dans le Loiret, et présidente d’une communauté de 38 communes, ne manque pas d’arguments pour dire son plaisir. “ Il y a plus de plus que de moins, dit-elle. Et si les occasions de râler contre l’administration descendante, ou les administrés ronchons ne manquent pas, je retiendrais plutôt l’esprit d’équipe, la solidarité et la convivialité ”. Jean-Luc Riglet est maire de Sully-sur-Loire. Victime de harcèlement sur les réseaux sociaux, il n’en reste pas moins optimiste. “ On apprend, dit-il, à faire le ménage sur Facebook et autres réseaux, on ne répond plus aux attaques, et l’on apprend à valoriser les remerciements, les poignées de main et les belles attentions de ceux qui nous soutiennent ”.
Reste à gérer la parité, qui influe directement sur le taux d’abstention, et la reconnaissance des autorités régaliennes…
Pour un statut d’élu local, et la parité
Avec 69 % de confiance, le maire est l’élu préférée des Français. Cette confiance s’appuie sur des valeurs d’honnêteté pour 61 % et la capacité à tenir ses engagements pour 50 %. « Si tous les engagements ne sont pas tenus, ce n’est souvent pas faute de faire des efforts, mais il n’est un secret pour personne que les collectivités manquent cruellement de finances, et que le temps administratif est de plus en plus long ». Il faut donc tenir la distance au fil du mandat, ce qui suppose que ceux qui vont s’engager aient une vraie reconnaissance et donc un statut d’élu local. C’est quasiment chose faite puisque les parlementaires ont voté une loi en ce sens en décembre dernier. Reste à la promulguer et adopter les décrets d’application. Cela permettra une meilleure conciliation de la vie professionnelle ou étudiante avec l’exercice d’un mandat par exemple. James Bruneau, président des maires du Loiret, rappelle que 80 % des élus locaux sont bénévoles.
Enfin, tous les maires s’accordent à le dire aussi, le principe de parité est certes une bonne idée dans le fond, mais rend les choses extrêmement compliquées dans la forme.
Le nombre de conseillers municipaux est aussi difficile à gérer. Ils sont onze dans cette petite commune de 200 âmes. Alors, pour les prochaines municipales, comment constituer une liste avec onze autres prétendants ? Il n’y aura donc qu’une liste c’est sûr. Les électeurs savent d’avance que la liste actuelle sera reconduite, et ne se déplaceront donc pas pour aller voter. Comment s’applique alors la démocratie ?
Si les citoyens reconnaissent volontiers le travail de leurs édiles, ces derniers ne se sentent pas récompensés de leurs efforts. « L’an passé, explique l’un d’eux, le Gouvernement nous a demandé de flécher les zones EnR qui pourraient potentiellement accueillir l’implantation de production d’énergies renouvelables. Nous avons cartographié ces zones, et maintenant, sortent des champs photovoltaïques… partout ailleurs. Les préfets ne tiennent aucun compte de nos décisions. Alors à quoi bon » !
Ce n’est pourtant pas le mot de la fin. Malgré ces revers avec lesquels les élus doivent composer, domine largement le sentiment de participer au bien commun et de faire grandir la collectivité.
Stéphane de Laage


