La France va-t-elle retourner à la mine

La France va-t-elle retourner à la mine

Le 74e congrès de la Société d’Industrie Minérale (SIM), qui s’est tenu au CO’Met d’Orléans le 17 octobre dernier, a permis de faire un premier bilan de la campagne de recherches minières lancée début 2025 par le gouvernement français. Objectif affiché : améliorer la souveraineté du pays sur ce plan.

Après l’arrêt de ses dernières mines, il y a quatre décennies, la France veut renouer avec son passé minier afin de limiter sa dépendance massive vis-à-vis de la Chine, notamment pour s’approvisionner en métaux stratégiques. Lancé dans ce contexte en février 2025 par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) basé à Orléans, le nouveau programme d’identification des ressources minérales (IRM) a déjà permis de déceler plusieurs zones géographiques prometteuses. Au nombre de cinq dans l’Hexagone, il s’agit de l’ouest du Massif central, de la zone Morvan-Brévenne, des Vosges, de l’Occitanie-Cévennes- Cerdagne et le Sillon, ainsi que du nord de la Guyane.

7000 visiteurs à la grand-messe du secteur

“ Alors que les demandes d’investigation du sous-sol formulées par les sociétés d’extraction s’étaient accrues dès 2024, les premiers retours de la campagne du BRGM sont encourageants, a assuré Philippe Rocher, président du district du Centre-Val de Loire de la Société d’Industrie Minérale, aux congressistes réunis à Orléans en octobre 2025. Reste que le laps de temps entre la découverte d’un gisement et son exploitation peut durer plusieurs années ”.
La “ grand-messe ” de cette filière hautement stratégique a reçu pas moins de 7000 visiteurs en deux jours, ce qui atteste de son importance aux yeux du public, y compris non professionnels. Si le temps long caractérise la recherche minière, la situation géopolitique internationale incertaine pousse au contraire à trouver des solutions de substitution à moyen terme. Doté d’une enveloppe budgétaire de 53 millions d’euros, le BRGM prévoit donc d’envoyer sur le terrain des dizaines de géologues, lorsque l’IRM tournera à plein régime.

Recherche de métaux critiques sur le territoire national

Le “ rapport Varin ”, qui a dressé en 2022 un constat alarmant sur le manque de sécurisation des approvisionnements en matières premières minérales, a poussé l’État français à retrouver un véritable intérêt pour la question minière. Le contexte géopolitique international incertain, notamment avec le conflit ukrainien, la question de la souveraineté nationale vis-à-vis des métaux critiques, y sont pour beaucoup. Sans cobalt, lithium, antimoine et cuivre, pas question d’économie verte et numérique, qu’il s’agisse des éoliennes et des panneaux solaires, des moteurs électriques, des drones et des satellites. Or l’Hexagone, comme l’Europe entière, est dans ce cadre massivement dépendant de la Chine pour l’approvisionnement de ces métaux. Preuve qu’elle ne renonce donc pas à en extraire de son propre sous-sol, le BRGM a découvert un gisement de lithium dans l’Allier à Echassière en 2022. D’autres perspectives se feraient également jour en Alsace.

Photo : Pour garantir sa souveraineté, la France retrouve de l’intérêt pour ses mines et carrières © Sim

Sophie Manuel