
Une association se crée dans les Pyrénées orientales pour accompagner les enfants vers la “ bonne bouffe ”.
On reprend tout, on recommence à zéro ! C’est en substance ce que s’est dit Guy Torreilles, à l’aube de la retraite et de retour dans son pays d’origine, les Pyrénées orientales. Enfant du pays du bord de mer, il aime ses ports de pêche et les étals sur lesquels on trouve le rouget, la sole, la lotte, le merlan et le maquereau. Il aime aussi les accommoder, dans une cuisine ensoleillée, de quelques légumes simples : carottes, navets et chou selon la saison et les arrivages. “ C’est simple et bon comme la nature, dit-il, mais je me suis aperçu que nos enfants et nos petits-enfants, à défaut de les apprécier, ne savent parfois même pas les reconnaître ”. Guy n’est pas le premier à faire ce triste constat, mais il ne voulait pas le laisser passer. Ancien chef d’entreprise, et autrefois conseillé municipal à Orléans, il connaît suffisamment les arcanes de la politique et de l’économie locale pour prendre les choses en main, à sa façon. Ainsi a-t-il créé l’association La république du goût.
“ On s’est donné pour mission d’apprendre aux enfants, dès les classes primaires, à reconnaître les choses simples que nous donne la nature. La mission se décline par des réunions dans les écoles, la sollicitation de chefs étoilés locaux, et la distribution dans les classes, de petits flyers qui expliqueront deux ou trois principes de base, et qui, nous l’espérons, arriveront dans les foyers par le biais du cartable ”. L’idée n’est pas nouvelle, d’autres s’en sont saisis, mais c’est la première fois qu’une association de bénévoles apolitiques se crée autour de cette mission d’éducation, sans être portée, ni par une institution ni par une convention d’État.
Des cubes et des boîtes
Les parents, trop occupés et donc peu disponibles pour préparer de vrais et simples repas, bottent en touche et profitent de ce qui leur est proposé dans la grande distribution, des poissons en cubes et des légumes en boîte. “ Et croyez bien que ce n’est pas une question de prix, on trouve sur l’étal des maraîchers, des légumes, certes parfois difformes ou abîmés, qui ne manquent pourtant pas de goût ”.
L’association a mis presque deux ans à obtenir toutes les autorisations administratives pour avoir le droit d’entrer dans les écoles primaires et nouer quelques partenariats. Elle cherche désormais des fonds. Pas grand-chose, juste de quoi financer les déplacements, les impressions de documents, et l’achat de quelques victuailles pour les démonstrations. Les partenaires maraîchers et pêcheurs bien sûr, ont donné leur accord de principe pour passer les messages pour l’éducation au goût.
Qu’on se le dise : La république du goût est en marche dans les Pyrénées- Orientales !
Photo : Guy Torreilles
Stéphane de Laage


