
Et si vous décidiez d’être heureux au travail ? La question se pose sans doute pour 90 % d’entre nous. Il faut pour cela savoir détecter et mettre en valeur le talent, ce petit quelque chose qui nous rend utile et efficace.
“ Je suis l’exemple même de l’orientation mal engagée ”. Nathalie Touyeras (Talents & Trajectoires— débute son propos par un exemple qu’elle connait bien : elle-même. À 18 ans, BTS Action co. à Paris, puis à Orléans alors qu’on lui disait : “ Tu te marieras ma fille ”. Pas tout de suite. “ Stages et diplômes certes, mais je me souviens plus des soirées étudiantes que de mes cours. Et au final zéro perspective ”.
C’est en poussant la porte d’une société d’intérim que sa vie bascule. Nathalie l’intègre avec l’objectif d’accompagner les personnes qui cherchent une mission temporaire. Une belle histoire qui va durer 30 ans et dans laquelle elle découvre le sens du mot Talent. “ Surtout ne pas confondre talent et compétence, dit-elle. Le premier est inné, c’est un moteur de vie, l’expression de l’unicité de chacun d’entre nous. La compétence, elle, se développe. C’est une nuance essentielle, une équation subtile à résoudre entre le talent de l’individu et la mission qu’on lui confie ”. Tout est dit, ce doit être un point fort des RH en entreprise, or c’est souvent leur talon d’Achille.
Le cocktail de la souffrance
“ J’ai été frappée par la progression de la souffrance au travail, l’envie de changer, de tout quitter ”. 44 % des gens en poste ressentent un stress élevé, une forme de désengagement, et 24 % sont en épuisement professionnel, alors que le travail devrait être un lieu d’épanouissement. Les origines de la souffrance sont bien identifiées : intensité, rapport sociaux difficiles, isolement, télétravail, et que dire de l’oreillette en Open Space ? “ WhatsApp + téléphone + Internet, + mail, et du chiffre avant la qualité ; vous avez là le cocktail idéal pour une souffrance accrue.
Le professeur Yves Clot, titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM, ajoute que “ la souffrance au travail, c’est la qualité empêchée ”. Cette souffrance s’exprime de plus en plus tôt. 83 % des jeunes sont déjà angoissés lors de leur orientation, tandis que 15 % des 15-24 ans ne sont ni en emploi ni en formation. Un défi humain de taille pour la société, au-delà du fait que le coût de cette mauvaise orientation des jeunes est de l’ordre de 3 à 4 MD€.
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Stéphane de Laage


