
À l’heure où la musique circule en flux mondialisés et où les plateformes imposent leurs algorithmes, certains projets choisissent de rester au plus près des artistes et du public. L’Électrophone, vitrine sonore du Centre-Val de Loire, en fait partie : un espace où l’on écoute local dans l’esprit actuel du circuit court.
Aujourd’hui il y a une réelle envie de favoriser nos producteurs locaux, c’est possible aussi en musique. Depuis quinze ans, L’Électrophone cultive les sons de la région Centre-Val de Loire comme d’autres préservent les saveurs d’un terroir. Né en 2010, ce site pionnier a rassemblé au fil du temps une collection unique : 1 770 albums, 1 169 artistes, autant de voix, de guitares, de beats et de bricolages sonores qui racontent un territoire autrement.
Aujourd’hui, l’aventure franchit un cap, l’association MARS (qui gère le Chato’do, Scène de musiques actuelles, et le Studio Pôle Nord à Blois) dévoile la nouvelle version de la plateforme, pensée comme un véritable outil de patrimonialisation de la création musicale régionale. L’idée ? Préserver, numériser, transmettre. Comme on confie un légume ancien à un conservatoire, on peut désormais déposer une cassette, un CD ou un vinyle pour qu’il trouve sa place dans cette mémoire commune. Particuliers, groupes amateurs, labels, médiathèques : tout le monde peut contribuer.
La refonte ouvre aussi la porte à un partenariat avec les bibliothèques de la région pour valoriser leurs fonds musicaux souvent méconnus. Et pour raconter cette histoire vivante, des podcasts voient le jour. Festivals, radios, artistes, lieux mythiques : on y croise celles et ceux qui ont façonné la scène locale. “ L’Électrophone n’est pas qu’un site d’écoute, c’est un espace de préservation ” indique Fréderic Gramage, l’ingénieur son du site. Un lieu où l’on découvre ou redécouvre, la richesse musicale d’ici.
Sophie Manuel


