
Le Medef du Loir-et-Cher organisait en octobre ses premières Journées du patrimoine économique. Déjà, il met le cap sur l’édition 2026.

À l’occasion de la première édition des Journées du Patrimoine Économique en Loir-et-Cher, les 26, 27 et 28 septembre dernier, étudiants, lycéens et collégiens, actifs en reconversion, chercheurs d’emploi, familles ou simples curieux ont pu découvrir les entreprises du territoire.
Que ce soit par ses collaborateurs, son passé ou ses métiers, l’entreprise appartient au patrimoine d’un territoire, et c’est ce qu’a signifié le Medef 41 il y a quelques jours, lors d’une opération qui a amené plus de 500 personnes à visiter sur une ou deux journées, une quarantaine d’entreprises ou services publics.
“Nous voulions rejoindre cette opération lancée par nos collègues de Saône-et-Loire en 2022, indique Nina Ceccotto, en charge de l’opération au Medef de Blois, et c’est un très bon départ – nous préparons déjà le rendez-vous 2026”.
Cette première réunissait 41 entreprises ou institutions, dont la moitié situées à Blois et sa proche périphérie. Inutile d’adhérer au Medef pour participer. À la clé, une découverte de locaux, d’individus et de métiers en “voisin”, pour trouver une orientation ou un emploi, ou étancher sa curiosité.
Les entreprises étaient sur leur “41”, ayant mobilisé leurs effectifs, lustré leurs machines et préparé des animations. Le chocolatier Max Vauché (51 visiteurs) faisait déguster, d’autres ouvraient leurs archives et les arrière-cours, faisaient témoigner leurs ouvriers et dirigeants.
Ce qui a fonctionné ? Quand l’entreprise avait “pensé” l’accueil, note Nina Ceccotto, mis en place signalétique et parking, et une activité au coeur de la visite. Il fallait en amont que les visiteurs, alertés par les réseaux sociaux et la presse, s’inscrivent en ligne et se déplacent.
Et à ce jeu, la fabrique d’huile Maison Guénard à Noyers- sur-Cher a gagné, captant 1/5 des visiteurs des Journées – soit 110 personnes. Mentions d’honneur ensuite pour l’aérodrome du Breuil (63 visiteurs), le mécanicien de précision EPMO à La Chaussée-Saint Victor (45 visiteurs) et l’exploitant de carrières Minier (28 visiteurs) à Naveil.
À Blois, le site de France travail attirait 35 personnes, et La Poste (bureau central et Centre courrier-colis), 8.
Peu d’entreprises n’ont pas eu de visiteur. C’est arrivé pourtant, au loueur de matériel AEB à Monthou-sur-Cher (100 salariés sur place, 18 agences en région). Aspirateurs, groupes électrogènes et nacelles étaient là, la société familiale – dirigée par la deuxième génération – ayant visé particuliers et professionnels du BTP. “Le principe est bon mais sans doute n’a-t-on pas assez communiqué” relève Patrice Branger, qui inscrira “évidemment” AEB à l’édition 2026. Les salariés étaient prêts à montrer outils et engins, et même selon l’un d’eux, à “renseigner sur les écoles préparant à leur utilisation”. “Notre démarche n’était pas commerciale, ajoute Patrice Branger, elle visait à nous faire mieux connaitre localement d’autant que notre métier n’est guère médiatique”.
Pour l’an prochain, il envisage de faire témoigner, par exemple en “table ronde”, ses “collaborateurs ayant le plus progressé dans l’entreprise – le patrimoine c’est l’humain, pas le matériel”.
MAISON GUÉNARD CAPTE L’ATTENTION
À Noyers-sur-Cher, l’huilerie artisanale Maison Guénard (25 emplois) a fait carton plein, accueillant 110 visiteurs. Chef de projet, Marion Descours partage sa fierté : “C’est vrai que ça fait plaisir, nous avons fait découvrir notre savoir-faire, notamment aux personnes qui vivent alentour, et nos machines à broyer, cuire, presser…, artisanales comme modernes, ont été valorisées. Surtout, l’action a été source de motivation pour les équipes. Au travers de dégustations ou discussions, elles ont vu que leurs produits ou métiers intéressaient. Cela suscitera peut-être l’envoi de CV mais l’important n’est pas là, nous renforçons notre ancrage local et défendons le geste ancestral de (presque) “maître huilier”.

En 2024, nous fêtions nos 200 ans, nous redessinions nos bouteilles ; cette année, ces journées nous donnent un nouveau relief. Mais nous sommes familiers de l’accueil, que ce soit lors de journées Portes ouvertes deux fois par an à notre initiative, ou d’opérations externes comme les Journées européennes du patrimoine. Nous travaillons aussi avec l’office de tourisme – un bel outil de travail, cela se partage. Nous sommes déjà en ligne pour l’édition 2026”. Détenue par La Compagnie des saveurs, société dédiée à l’huile du groupe Avril (agroalimentaire), Maison Guénard réalise 90 % de son CA dans la restauration-chefs, le reste réparti entre l’épicerie fine (200 points de vente), la boutique sur place et le site internet. Elle se lance cette année sur le marché des coffrets cadeaux et participait, début octobre, au salon CSE voué aux comités d’entreprise à Orléans.
Bruno Leprat


