L’improbable banqueroute du FIPHFP

L’improbable banqueroute du FIPHFP

Et si un jour, le FIPHFP n’avait plus d’argent à verser aux collectivités et aux institutions ? La situation semble peu probable et relève à coup sûr de l’utopie.
Pourtant, certaines collectivités montrent l’exemple, avec un taux d’emploi de personnes handicapées très au-delà des 6 % que prévoit la loi de 2005.

Le FIPHFP, c’est le Fonds d’Insertion pour les Personnes Handicapées dans la Fonction Publique. L’équivalent de l’Agefiph pour les entreprises du secteur privé. Créé par la loi de 2005, il impulse, accompagne et finance les employeurs publics dans la réalisation de leurs actions relatives au recrutement, au maintien dans l’emploi et à l’accompagnement des parcours professionnels des personnes porteuses de handicaps. Autrement dit, aucune excuse n’est permise, puisqu’il est l’outil technique et financier qui doit permettre aux employeurs de recruter et de garder des personnes en situation de handicap.
L’argent ne tombe pas du ciel, et encore moins des poches de l’État. Ce sont les moins bons élèves, ceux qui n’ont pas 5 % de personnes handicapées dans leurs effectifs, qui payent pour alimenter le fonds – géré par la Caisse des Dépôts – et aider les plus vertueux. Meilleurs ils sont, moins ils payent. D’où la situation idéale qui mettrait le FIPHFP en liquidation. Mais cela reste un doux rêve pour les personnes concernées.

Trois ans de plus

La Région Centre-Val de Loire fait partie des bons élèves avec un taux de 11,9 % de personnes porteuses de handicap dans sa masse salariale. Elle a déjà conclu quatre conventions ces dernières décennies avec le FIPHFP, et vient de renouveler son engagement pour trois ans. La Région veut s’investir encore davantage dans la réussite de cette mission handicap, et octroie un budget de 471 000 € pour le plan d’action pluriannuel sur la période 2025-2027. Les objectifs sont multiples, à commencer par la poursuite de la politique de recrutement à l’égard notamment des jeunes travailleurs handicapés dans la politique de l’apprentissage. A en croire Cécile Caillou-Robert, conseillère régionale chargée des solidarités et du handicap, et Marine Neuville, directrice du FIPHFP, “ la question du maintien en emploi est toujours plus sensible ”, en cette période où l’on constate de plus en plus de restrictions d’aptitude au poste de travail chez des agents de plus en plus jeunes, une augmentation de l’absentéisme pour raisons de santé, une hausse des demandes de reclassement ou de réaffectation professionnelle.

“ Il faut, disent-elles, renforcer les formations et les sensibilisations au handicap auprès des agents, notamment dans les lycées pour renforcer le réseau des encadrants. Il faut, bien sûr, aménager les postes de travail, et faciliter l’accessibilité numérique ”.
Une feuille de route “ ambition, solidarité handicap ” avait été votée en décembre 2023, avec quatre grands axes, pour mieux connaître, informer, accompagner l’inclusion et parler pour changer les regards.

Stéphane de Laage