
Photo : Tu as ta place © UIMM
Face à des dizaines de milliers de postes non pourvus dans les secteurs stratégiques, l’industrie ne peut plus se permettre d’ignorer la moitié du vivier de talents disponibles. Programmes de sensibilisation, partenariats école-entreprise, campagnes de recrutement ciblées : les initiatives se multiplient pour ouvrir aux femmes des carrières qui leur restaient trop souvent invisibles. Reste à mesurer si ces efforts suffiront à transformer durablement des cultures professionnelles encore très masculines — et à faire de l’égalité un levier de performance économique.
Alors que des dizaines de milliers d’emplois restent vacants dans l’industrie, les entreprises cherchent à attirer les femmes, qui y sont encore largement sous-représentées parmi les salariés. Malgré les besoins croissants de main-d’œuvre dans des secteurs stratégiques comme le nucléaire, la défense ou l’aéronautique, la part des femmes dans l’emploi industriel ne progresse plus depuis dix ans, demeurant inférieure à 30 %.
La métallurgie, qui emploie 1,5 million de salariés, affiche un taux de féminisation encore plus bas que les autres secteurs industriels, avec seulement 23 % de femmes. Cette faible représentation constitue un frein au recrutement dans une branche où 76 000 postes restent aujourd’hui non pourvus. L’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), pour élargir sa base de candidats à l’embauche, entend augmenter de 10 % l’emploi féminin d’ici à 2033.
“ L’industrie souffre encore d’une méconnaissance de ses métiers et de ses entreprises, déplore Hubert Mongon, délégué général de cette fédération patronale. Des biais de perception restent tenaces, par exemple que les métiers de l’industrie sont plutôt pour les hommes. C’est faux, bien sûr ! ”
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Etienne Berrier


