
François Gemenne est spécialiste de la géopolitique environnementale. Chercheur, spécialiste des questions climatiques, co-auteur du sixième rapport du GIEC, il milite pour l’adaptation urbaine au climat. Il nous dit pourquoi, selon lui, les villes et la consultation populaire ouvriront les voies de la résilience climatique.
On entre dans le vif du sujet sans détour : “ Si, comme moi, vous êtes nés au XXe siècle, vous serez morts avant de voir les températures décliner. Les chanceux qui sont nés au XXIe siècle, qui prendront leur retraite vers 85 ans, constateront eux, un très léger déclin des températures, et pourront mourir soulagés de savoir que le changement climatique est un problème résolu.
La plupart des gaz à effet de serre, à l’exception du méthane, ont une durée de vie qui se compte en milliers d’années. Leur concentration augmente continuellement et les températures avec.
À l’heure actuelle, nous émettons encore deux fois plus de gaz que la Terre n’est capable d’en absorber.
Besoin de voir pour accepter
L’idée est de retrouver en 2050 le point de neutralité carbone. Au cours des 25 prochaines années, nous allons continuer à décarboner nos économies, mais pour autant, nous n’allons pas voir de baisse des températures. Ça c’est compliqué, parce que pour nous transformer, nous avons besoin de toucher du doigt les résultats de nos actions. Le changement climatique dépend de ce qui est décidé à Paris comme à Bruxelles, à Washington et à Pékin.
Vous et moi savons que les gouvernements ne respectent pas toujours leurs promesses. Par exemple, celui de Washington ne tiendra pas ses engagements. À l’inverse, certains en font un peu plus que promis. Pékin annonce pour la première fois une baisse des émissions de gaz à effet de serre de la Chine. Nous tablons donc sur ce scénario à + 4 °C, ce qui veut dire une augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes extrêmes, notamment les canicules et les inondations.
Choisir ensemble, à l’échelle de la ville
Les villes seront particulièrement touchées ; il y a donc un enjeu majeur à les préparer. L’adaptation n’est pas un renoncement. La question n’est plus de choisir entre réduire nos émissions ou nous adapter aux impacts, il faut faire les deux. La ville doit être inclusive et prendre en compte tous ses habitants pour faire un vrai projet de vie.
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Stéphane de Laage


