Réut., au diapason de la réalité

Réut., au diapason de la réalité

Nous manquons d’eau, tout le monde le sait, et pourtant la réglementation actuelle interdit de garder et d’utiliser celle qui tombe du ciel pour les usages domestiques. Ainsi vont les normes européennes auxquelles s’ajoutent les normes françaises. Il devient pourtant urgent d’adapter nos exigences à la réalité du moment.

L’eau de pluie n’est pas considérée comme potable, impossible donc de la récupérer et de l’utiliser à des fins domestiques, pas même pour la vaisselle. La réglementation pour l’arrosage des parcs publics est tout aussi draconienne. Et plus étonnant encore, l’eau issue d’une station d’épuration, pourtant jugée assez propre pour être rejetée dans les fleuves, ne peut même pas servir à l’arrosage des jardins publics et des golfs. Orléans, pour arroser son parc floral, a dû installer un système de purification complémentaire qui fait passer l’eau dans un filtre à sable, puis la soumet à un rayonnement ultra-violet et une chloration.
Il semblait pourtant que les traitements sanitaires étaient extrêmement sérieux ; ce n’est sans doute pas vrai. En France, on ne réutilise que 1 % des eaux usées sorties des stations d’épuration, quand les pays nordiques et l’Espagne en réutilisent 60 à 80 %.

Une règlementation qui agace les élus

Jean-Luc Riglet est vice-président du Conseil départemental du Loiret, en charge de l’environnement et de la transition écologique. Il s’agace de ces incohérences, car 21 millions de mètres cubes d’eau “ propre ” sortent chaque année des six stations d’épuration de la métropole d’Orléans. De l’eau rejetée dans les fleuves. Alors que fait-on de cette denrée rare ? “ Deux solutions simples, dit-il, auxquels il va falloir un jour ou l’autre recourir : ce que l’on appelle la “ réut. ”, réutilisation des eaux usées, et la récupération des autres pluies. Le gouvernement a d’ailleurs décidé d’un projet national de “ 1000 projets de réut. en 2030. ” ce qui devrait permettre de passer de 1 à 10 % de réutilisation des eaux usées. C’est un premier pas…

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Stéphane de Laage