Affiner les comptes publics

La Chambre régionale des comptes a rendu son rapport public annuel, sur le thème des enjeux territoriaux en Centre-VL. Un thème qui se justifie par les attentes croissantes des citoyens, qui se sont traduites il n’y a pas si longtemps par la crise des Gilets jaunes, les crises agricoles et les émeutes de la vie chère outre-mer.
Ce que coûte l’accès au numérique
Paradoxalement, la dématérialisation augmente et les guichets physiques disparaissent. Ce qui peut naturellement entraîner un risque de non-recours à ses droits. 32 % des Français ont renoncé, une fois au moins, à effectuer une démarche en ligne. Pour corriger cette distorsion, dans le Cher a été mis en place un service itinérant de France Services. Un camping-car de la communauté de communes Vierzon-Sologne-Berry sillonne la campagne depuis 2021. L’idée est bien sûr de répondre à l’isolement des usagers. Alors se pose la question du financement, qui devrait être logiquement partagé entre l’État, les com-com et les opérateurs (organismes de retraite, allocations familiales, Ma prime rénove, la MSA ou encore la poste). « La question n’est pas de remettre le mode de fonctionnement en question, explique Armelle Daam, la présidente de la CRC centre-Val de Loire, mais de comprendre la répartition des financements et d’établir une vision consolidée du coût de l’accès au digital. ». En clair, il faut optimiser, faire plus et mieux, avec souvent moins.

La réindustrialisation du territoire
Au cœur du process, se trouve évidemment Dev’up, association et agence de développement économique de la Région Centre. « Son rôle fédérateur est reconnu, poursuit Armelle Daam, mais sa dépendance financière aux finances publiques et forte ». D’où les interrogations pour voir si certains points particuliers peuvent être optimisés. Stéphane Aufrere, son directeur, explique que deux recommandations ont été faites en 2025, notamment pour intégrer une part croissante de prestations qui pourraient être facturées, et ainsi diminuer la dépendance aux finances publiques.« Ce sont des aménagements nécessaires pour aller plus vite et plus loin dans nos prérogatives », admet le directeur de Dev’Up.
Et l’on comprend que les juristes financiers de la Cour des comptes sont attentifs à tous ces points, si l’on considère par exemple que le programme France 2030 mobilise dans notre région 170 projets pour 359M€. Cela mérite, au-delà du contrôle, que chacun cherche à optimiser les derniers publics.
Stéphane de Laage