Fret ferroviaire : l’indispensable rénovation des capillaires

Fret ferroviaire : l’indispensable rénovation des capillaires

Les capillaires fret, ces petites lignes ferroviaires desservant les sites industriels ou silos agricoles, font l’objet de coûteuses rénovation, souvent avec la participation financière des entreprises bénéficiaires. Des travaux nécessaires pour la compétitivité des céréales de la région !

SNCF Réseau, responsable de l’entretien et de l’exploitation du réseau ferré national, a annoncé le 10 mars la réouverture de la ligne reliant Les Aubrais à Marigny-les-Usages (45) : huit mois de travaux ont été nécessaires pour renouveler cette ligne fret à voie unique, de 8 km de long, parcourue chaque année par 70 trains de marchandises, transportant l’équivalent de 3000 camions.

Le contenu des wagons ? Des croquettes et des litières, puisque l’entrepôt desservi est opéré par le logisticien GXO pour le compte du fabricant d’aliments pour animaux Mars Pet Food and Care.
Le propriétaire de l’entrepôt a dû mettre la main à la poche, finançant 14 % des travaux de rénovation de la voie. Le reste des 10,5 millions d’euros s’est répartis à parts égales entre l’État et la région. La voie ferrée pourrait être utilisée par d’autres entreprises à l’avenir, puisqu’elle peut aussi desservir le Cosmetic Park, tout proche, zone logistique récemment aménagée où se sont implantés de grands noms de la parfumerie et des cosmétiques.

La participation des entreprises à la rénovation des petites lignes ferroviaire qui desservent leurs installations n’est pas une nouveauté en Centre Val de Loire. Ce sont les coopératives céréalières qui ont initié le mouvement, puisque le transport de céréales vers les brasseries du Benelux, les élevages bretons ou les ports d’exportation de Rouen et La Rochelle représente 65 % des 9 millions de tonnes de marchandises transportées chaque année par rail dans la région.

En 2015, la coopérative Axéréal a conservé un accès ferroviaire à son silo de Montoire (41) en finançant 30 % des travaux de rénovation de la ligne le reliant à Vendôme, menacée de fermeture. En 2023, une opération similaire associant deux coopératives agricoles a concerné la ligne entre Les Aubrais et Orgères-en-Beauce (28).

« Le ferroviaire est indispensable à la compétitivité de nos céréales, car la région est fortement productrice mais peu consommatrice, explique Bruno Bouvat-Martin, agriculteur dans le Cher, premier vice-président d’Axéréal et référent logistique de l’interprofession Intercéréales. Nous avons donc besoin de transports massifiés, économiques sur longue distance et décarbonés. Plus la distance est importante, plus le train est intéressant par rapport au camion. »

Une convention, rappelle-t-il, a été signée lors du salon de l’agriculture 2025 entre Intercéréales et SNCF Réseau, pour trouver les moyens de faire remonter les transports de céréales par rail, qui ont baissé de moitié en dix ans.

Cette nouvelle priorité accordée aux trains de marchandises sur les passagers, dans un objectif de décarbonation des transports, les voyageurs utilisant la ligne Orléans-Paris ont pu le constater à leurs dépens au cours de l’année 2025 : pour préserver la circulation nocturne des trains de fret, les travaux se sont pour une fois déroulés de jour, entraînant de nombreuses annulations de trains de voyageurs.

Étienne Berrier