Filles/garçons : comment les stéréotypes des adultes façonnent l’enfance

Filles/garçons : comment les stéréotypes des adultes façonnent l’enfance

À partir de quel âge traite-t-on différemment une fillette et un petit garçon ? Souvent, dès la naissance, sans s’en rendre compte. De la chambre à l’école, ces stéréotypes invisibles façonnent durablement la confiance et les opportunités des enfants.

Lorsqu’on s’interroge sur les raisons pour lesquelles un bébé pleure, on ne pense pas aux mêmes besoins selon qu’il s’agit d’une petite fille ou d’un petit garçon. Une étude1 de psychologie devenue célèbre le démontre grâce à la vidéo d’un bébé en pyjama jaune qui jouait avant de se mettre à pleurer. « C’est parce qu’elle a peur », a majoritairement répondu le groupe à qui l’on a demandé de décrire cette petite fille. « C’est parce qu’il est en colère », a majoritairement répondu le groupe interrogé sur ce petit garçon. Or, il s’agissait du même enfant, sur la même vidéo. Ces croyances sur une personne et ses besoins, lorsqu’on l’associe à un groupe, sont des stéréotypes. Ils influencent la manière dont on tenterait de calmer le bébé de ce film, mais aussi les activités et les jouets qu’on lui propose.
En 2017, la BBC a mené une expérience analogue dans un documentaire2, en proposant à des volontaires de jouer avec des bébés dont les vêtements et les prénoms avaient été intervertis pour tromper sur leur sexe biologique. Systématiquement, les adultes ont orienté les « fausses » filles vers des poupées et des peluches en insistant sur leur douceur, tandis qu’ils proposaient aux « faux » garçons des jouets qui développent davantage la perception spatio-corporelle, la confiance en soi (cheval à bascule, ballon, etc.) et la logique (boîte à formes, puzzle).

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Notes :
1 : Condry, J. & Condry, S., 1976, reproduite depuis.
2 : BBC, « Gender specific toys: do you stereotype children? », 2017

Sonia Barge-Dupont