
Se lever, prendre son café, ouvrir les réseaux sociaux et trouver des dizaines d’insultes. Des menaces, des appels au viol, ce sont le quotidien de nombreuses femmes qui ont le tort de parler en public. Internet n’est pas un espace neutre. Il est devenu, pour les femmes, un terrain particulièrement hostile.
Les chiffres sont là : 84 % des victimes de cyberharcèlement sont des femmes (rapport HCE, 2026). Selon ONU Femmes, 38 % des femmes dans le monde ont été victimes de violences en ligne. Et dans la moitié des pays, il n’existe aucune protection juridique spécifique contre ces abus. En France, la loi Avia (2020), puis la loi SREN (2024), ont tenté de répondre au problème sans vraiment endiguer le phénomène. Les signalements restent complexes, les plateformes lentes, les poursuites rares.
Les cibles prioritaires : les femmes qui parlent
Salomé Saqué, journaliste à Blast, a mis des mots dessus dans une chronique publiée dans Socialter en janvier 2025. Depuis sa première émission en ligne, elle est insultée et dénigrée de façon régulière. Elle décrit : « Me faire traiter de “salope” ou de “pute” au lever du lit ne me fait presque plus rien. » Et le fait qu’une journaliste puisse en arriver à normaliser des menaces de viol, c’est inquiétant.
Sandrine Rousseau, députée écologiste, vit la même chose depuis qu’elle a émergé dans le débat public. Compte parodique « Sardine Ruisseau », campagnes de haine coordonnées, menaces de mort et de viol reçues par courrier : certaines ont conduit à des poursuites judiciaires. Ce qui frappe dans son cas, c’est la dimension organisée, une réelle stratégie pour faire taire.
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Sophie Manuel


