
Herbicide le plus vendu en France après le glyphosate, le prosulfocarbe fait l’objet d’une controverse grandissante. Une étude menée en Loir-et-Cher révèle sa présence dans les jardins de particuliers, relançant la question d’une réévaluation de cette molécule autorisée en Europe sur la base de données datant des années 1980.
David Peschard est céréalier à La Chapelle-Saint-Martin-en-Plaine, en petite Beauce. À la tête de la Ferme des 4 Vents, il cultive aussi bien du blé, de l’avoine ou du colza que des productions plus originales : quinoa, chanvre, caméline, lin doré ou millet. C’est précisément sur ces cultures que le prosulfocarbe frappe le plus durement.
Co-président du Groupement des Agriculteurs Bio du Loir-et-Cher (GABLEC), il connaît le problème de longue date. En 2018, il a dû détruire une récolte de quinoa contaminée, pour une perte de 6 000 euros. En 2022, c’est du sarrasin qui est parti à la poubelle, 5 000 euros de pertes supplémentaires. Les cultures concernées sont surtout celles qui se trouvent encore dans les champs en fin de saison, sarrasin, chia, sorgho ou millet.
Les agriculteurs conventionnels sont également touchés. Des analyses aléatoires peuvent révéler la présence du produit sur n’importe quelle céréale d’hiver. Dès lors que la limite maximale de résidus (LMR) est franchie, la récolte est non commercialisable. La FNAB indique, qu’entre 2018 et 2025, les pertes de commercialisation liées au prosulfocarbe sont estimées entre 1,5 et 4,5 millions d’euros pour l’ensemble des productions bio. À ce jour, aucun mécanisme d’indemnisation n’existe pour les victimes de ces contaminations accidentelles.
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Sophie Manuel


