
Sacré meilleur festival éco-responsable aux Heavent Awards 2025, Terres du Son prépare sa 21e édition à Monts (37) du 10 au 12 juillet 2026. Derrière ce prix, dix-huit ans d’engagement et, depuis début 2026, une nouvelle cheffe de projet DD pour aller plus loin.
Fin 2025, la récompense est tombée : Terres du Son, déjà dans le top 3 des festivals engagés en France, devient officiellement le festival le plus green du pays. Une reconnaissance que l’équipe associative tourangelle accueille avec fierté mais sans s’y reposer.
Depuis janvier 2026, Anaël Béraud, 28 ans, spécialisée en changement climatique, œuvre comme cheffe de projet développement durable. Elle arrive pour « son job de rêve » avec une feuille de route claire ; structurer transversalement tout ce qui a été construit au fil des éditions selon trois axes : environnemental, social et sociétal. « Le développement durable est dans l’ADN du festival. L’objectif est de structurer l’ensemble de façon transversale. » précise Anaël.
Mobilité douce, espace zéro déchet au camping (4 500 campeurs), suppression des groupes électrogènes grâce à Enercoop, éco-conception des décors avec un CFA local, gamification des gestes verts avec l’INSA, inclusion des personnes handicapées, maraudes, 1 200 bénévoles engagés… La diversité des actions dessine un festival qui pense son impact à 360°. Le bilan carbone de l’édition 2026 devrait guider le plan d’action à venir. D’ores et déjà, on sait que 70 % des émissions viennent des déplacements.
Anaël Béraud reconnaît volontiers qu’on peut toujours s’améliorer et qu’on n’est jamais assez engagé. Elle sait aussi qu’il existe une tension réelle entre l’exigence éthique et les contraintes techniques et financières. Mais elle pose le cadre avec clarté « L’important est de poser le projet sur des valeurs. C’est à partir de là que tout le reste se construit. »

La programmation musicale de la 21e édition, avec des têtes d’affiche comme Julien Doré, Kungs, Ofenbach ou Feu! Chatterton, attire les regards. Mais ce qui se construit en coulisses, à travers des partenariats locaux, des protocoles de tri, des navettes, des jeux pédagogiques et des espaces inclusifs, constitue peut-être l’héritage le plus durable du festival.
Terres du Son n’est pas parfait. Il ne prétend pas l’être. Il expérimente, mesure, corrige. Et trace une voie que d’autres regardent.
Sophie Manuel
Crédit photo : © Fabien GAROU & Erwan GUEHENNEC


