
La start-up Wyes teste en Centre-Val de Loire ses lunettes connectées, capables de transformer les mouvements des yeux en messages pour les patients paralysés. Après la conception d’un premier modèle, l’outil va être testé à l’institut Dame Vyv³ Charlemagne et au CHRU de Tours pour améliorer la communication entre patients et soignants.
Certaines personnes ne peuvent presque plus bouger que les yeux, victimes d’un AVC, souffrant d’un handicap moteur sévère, ou encore après une réanimation. C’est pour leur permettre de communiquer avec leurs proches et les soignants que les lunettes Wyes ont été imaginées. Le logiciel associé transforme les mouvements volontaires des yeux en messages.
Après la conception d’un premier modèle, la start-up Wyes va pouvoir tester ses montures connectées dans deux sites de santé, afin de recueillir des retours d’expérience tant des patients que des professionnels. Il s’agit de l’institut d’éducation motrice Dame Vyv³ Charlemagne à Ballan-Miré, et du service de médecine intensive et de réanimation du CHRU de Tours. Cette start-up francilienne, lancée il y a cinq ans, fait partie des premiers projets accompagnés par ACCES-CVL, ce tiers-lieu, qui met en relation les acteurs de la santé en Centre-Val de Loire et les innovateurs (voir p. … news).
« Nous avons toujours privilégié la co-construction pour améliorer nos premiers prototypes, mais jusqu’ici, cela se limitait à des particuliers à leur domicile. Là, nous allons obtenir des retours à une autre échelle et sur d’autres cas de figure », indique Sarah Mougharbel, fondatrice de Wyes. Elle espère apporter une solution à une double souffrance : « C’est très compliqué pour ces patients d’être enfermés dans leur corps, mais aussi pour les soignants, frustrés, qui passent un temps monstrueux à comprendre leurs besoins. »

Un paramétrage simplifié et une formation des soignants
À Ballan-Miré, ce 26 juin, Sarah Mougharbel a pu présenter le dispositif aux professionnels et à certaines familles d’enfants et d’adolescents suivis à Dame Vyv³ Charlemagne. Les discussions ont permis d’explorer les bénéfices et limites des lunettes Wyes, leurs conditions d’utilisation et leurs perspectives de développement. Les professionnels ont pu partager leurs premières impressions et leurs attentes.
« Avec notre application, il suffit de se laisser guider pour paramétrer les lunettes la première fois. Dans 70 % des cas, ce paramétrage ne dure que cinq minutes. Pour les 30 % restants, il faut passer par un autre logiciel plus technique, sur lequel nous allons former certains des professionnels de l’institut », ajoute la fondatrice de Wyes.
Elle espère que l’expérimentation pourra démarrer dans les prochains mois au service de médecine intensive et de réanimation du CHRU de Tours. « C’est la première fois que nous collaborons avec des professionnels de la réanimation. Ici, il faut vraiment que le paramétrage soit réactif et réalisable dans les conditions de travail de ces soignants. Il faut qu’on automatise tout ce qui peut l’être », anticipe Sarah Mougharbel.
Tous ces retours serviront de base pour la conception d’une deuxième version des lunettes.
Photo : Les lunettes Wyes sont capables de transformer les mouvements des yeux en messages pour les patients paralysés ©Wyes
Sonia Barge-Dupont


