Entre relocalisation industrielle et mobilité durable : BusInfo ancre sa stratégie en Centre-Val de Loire

Entre relocalisation industrielle et mobilité durable : BusInfo ancre sa stratégie en Centre-Val de Loire

À l’heure où les collectivités cherchent à rendre les mobilités publiques plus lisibles, plus fiables et plus sobres, une PME du Loir-et-Cher s’impose discrètement comme l’un des acteurs clés de l’information voyageurs.

Basée aux Hayes (41), BusInfo — 12 salariés, 2,4 M€ de chiffre d’affaires — vient de franchir un cap industriel majeur : la production de ses afficheurs LED, utilisés dans les arrêts, gares routières et pôles d’échanges multimodaux (PEM), est désormais entièrement relocalisée à Montoire-sur-le-Loir. Ce choix ne doit rien au hasard. Après plusieurs années de fabrication en Pologne, la PME souffrait de délais à rallonge et d’aléas de qualité. “ Nous avions jusqu’à dix mois d’attente pour un lot d’afficheurs ”, rappelle Ronan Davril, président de BusInfo Groupe. Le déclic viendra… d’un simple réflexe territorial. Un nouveau collaborateur évoque alors le nom de Prysme, une PME montoirienne spécialisée depuis 1989 dans les machines industrielles.

“ Nous ne les avions jamais sollicités. Ils étaient pourtant à dix kilomètres ”, sourit le chef d’entreprise. Très vite, les deux sociétés coconçoivent un produit robuste, maintenable, fabriqué en petites séries — et surtout livrable en deux mois !

Relocalisation : quand la proximité rime avec performance

Cette alliance industrielle locale reflète une stratégie engagée depuis 2020 : maîtriser l’intégralité de la chaîne, du logiciel à l’affichage. Car BusInfo n’est pas un fabricant d’écrans de plus. L’entreprise est surtout l’éditeur d’une solution complète pour piloter les gares routières, optimiser les quais en temps réel et harmoniser les flux de données issus de multiples transporteurs. Une nécessité face à l’augmentation des circulations, accentuée par la loi Macron puis par les politiques régionales renforçant les liaisons interurbaines. “ Une gare ne se résume pas à un afficheur. C’est un système complexe où convergent des données hétérogènes qu’il faut rendre cohérentes ”, explique Ronan Davril.

OptiHuB® : l’afficheur qui voit grand

Cette expertise logicielle se cristallise aujourd’hui dans OptiHuB, une nouvelle génération d’afficheurs couleur haute définition conçus et assemblés en Centre-Val de Loire. Conformes aux standards ITxPT, ils facilitent l’intégration dans les systèmes existants, améliorent la lisibilité et renforcent l’accessibilité. Leur durabilité, supérieure aux écrans LCD, réduit les interventions – un enjeu financier autant qu’écologique. “OptiHuB devait être une brique essentielle d’une politique de mobilité durable et lisible”, résume le dirigeant.

Des gares plus intelligentes, des voyageurs mieux informés

La démarche résonne pleinement dans un territoire comme le Centre-Val de Loire, où BusInfo déploie déjà ses solutions : Bourges (décompte automatisé des voyageurs après la gratuité), Chartres Métropole, ou encore les flux de données temps réel alimentant JV Malin et Google Maps. Le produit relocalisé a déjà été installé à Rennes, le sera bientôt à Nantes, Grenoble ou Limoges… Et les prochains marchés régionaux, notamment pour la gare routière d’Orléans, s’annoncent déjà stratégiques.

Une solution qui réduit l’empreinte carbone

Au-delà des enjeux industriels et concurrentiels, BusInfo revendique aussi une approche environnementale chiffrée. Dans le cadre d’un programme régional piloté avec l’ADEME et Bpifrance, l’entreprise a développé une méthodologie permettant d’évaluer les émissions carbones évitées grâce à l’optimisation des quais. Exemple à Poitiers, où ce sont ainsi quelque 2 600 tonnes de CO₂ évitées par an, notamment grâce à l’augmentation du trafic de cars et au report modal des automobilistes vers l’autocar.

Un modèle territorial à suivre

Dans une région souvent décrite – et souvent à tort ! – comme discrète sur le plan industriel, l’exemple de Montoire-sur-le-Loir montre qu’une dynamique presque micro locale peut peser dans des marchés nationaux très techniques. Relocaliser, ici, n’est donc pas un simple geste d’image : c’est devenir plus réactif, plus compétitif et plus vertueux – tout en ajoutant une pièce au puzzle de la souveraineté industrielle française. “Travailler localement, conclut Ronan Davril, c’est mieux maîtriser nos produits, réduire nos coûts et participer à la vitalité du territoire”.

Nicolas Terrien