Max Ernst et Alexandre Calder exposent à domicile

Max Ernst et Alexandre Calder exposent à domicile

Pour sa 4e édition, le festival Ar(t)chipel mettra à l’honneur de novembre 2026 à février 2027 deux artistes majeurs qui ont vécu en Touraine. Au programme, plusieurs expositions de leurs œuvres en Centre-Val de Loire grâce notamment aux prêts du Centre Pompidou, actuellement en rénovation.

Les amateurs de peintures, de sculptures et de mobiles contemporains seront comblés cet automne avec, d’une part, l’exposition de l’artiste allemand Max Ernst au château de Chaumont-sur-Loire. Inscrite dans la programmation du festival Ar(t)chipel, organisé par la Région Centre-Val de Loire depuis 2022, elle regroupe 19 tableaux à l’huile, trois tapisseries, deux sculptures ainsi que plusieurs eaux-fortes et livres de collages. Sur la thématique de la nature, l’exposition baptisée De Natura a trouvé un écrin à sa mesure au château de Chaumont-sur-Loire, où a lieu chaque année d’avril à novembre le Festival international des Jardins.

« Les œuvres seront déployées sur les ailes sud et ouest du château, soit sur près de 300 m². C’est la première fois qu’une exposition de cette ampleur est organisée autour de Max Ernst en France, se félicite Chantal Colleu-Dumond, directrice du domaine de Chaumont-sur-Loire. Si la plupart sont issues du Centre Pompidou, deux huiles sur toile prêtées par des collectionneurs, Les Amanites et Savage Moon, seront pour la première fois exposées à la vue du public. » Une rareté qui colle bien au personnage de Max Ernst. Installée à Huismes en Touraine entre 1955 et 1968, cette figure majeure de l’art du XXe siècle, notamment des mouvements Dada et surréalistes, séjourne en toute discrétion dans la ferme du Pin avec sa femme, l’artiste américaine Dorothea Tanning.

Calder exposé partout dans la région

Via son festival Ar(t)chipel, la région met d’autre part cette année en exergue un autre artiste très éclectique, qui a également épousé la Touraine comme terre d’adoption. L’Américain Alexandre Calder séjournera à Saché, près d’Azay-le-Rideau, du milieu des années cinquante jusqu’à son décès en 1976. Sculpteur, peintre, mais aussi joaillier, l’artiste est connu mondialement pour ses fameux mobiles et stabiles, fabriqués en Indre-et-Loire. L’œuvre qui orne le siège de l’Unesco à Paris, et celle baptisée Trois disques exposée à Montréal au Canada, sortent ainsi de feu les établissements de ferronnerie Biémont à Tours.

Max Ernst et Alexandre Calder exposent à domicile
Deux sculptures d’Alexandre Calder acquises par la Fondation Louis Vuitton à Paris © Fondation Calder

Plutôt qu’une exposition unique, la collectivité a fait le choix d’essaimer les œuvres d’Alexandre Calder dans quinze hauts lieux du patrimoine régional. On les retrouvera en premier lieu au sein des châteaux de Chambord, du Rivau, de Blois et d’Azay-le-Rideau. Les trois musées des Beaux-Arts de Tours, de Chartres et d’Orléans accueilleront en second lieu d’autres réalisations de l’artiste. Enfin, Alexandre Calder sera exposé au Centre de création Olivier Debré (CCOD) et à l’hôtel Gouin à Tours, ainsi qu’à l’espace Arsenal de Dreux, aux Tanneries d’Amilly et au sein de son atelier même à Saché, qui sera aussi ouvert au public. Chaque exposition permettra ainsi d’appréhender l’une des multiples facettes de cet artiste et de sa production. Les différentes programmations présenteront ainsi les fils de fer, les maquettes d’œuvres monumentales, les mobiles, les stabiles, les gouaches, les bijoux, etc.

Issues majoritairement, comme celles de Max Ernst, du Centre Pompidou, les œuvres d’Alexandre Calder n’avaient jamais été déployées jusqu’à présent à une si grande échelle dans l’Hexagone. Les organisateurs du festival Ar(t)chipel tablent sur l’attrait des visiteurs non seulement vis-à-vis de ces dernières mais encore des lieux emblématiques leur servant d’écrin, pour que cette « année Calder » en Centre-Val-de-Loire atteigne des records de fréquentation.

Photo : Baptisé “ Le Jardin de la France ”, l’un des tableaux les plus célèbres de Max Ernst rend hommage à la Loire. © Centre Georges Pompidou

Guillaume Fischer