À Romorantin, le dernier sèche-cheveux français reprend son souffle

À Romorantin, le dernier sèche-cheveux français reprend son souffle

Placée en redressement judiciaire en 2025, l’entreprise Velecta a été reprise à l’automne par trois associés. Dans son atelier de Romorantin, les sèche-cheveux continuent d’être assemblés à la main. Entre savoir-faire industriel, « made in France » et ambitions à l’export, la PME veut prouver qu’une production locale peut encore trouver sa place sur un marché dominé par l’Asie.

Dans l’atelier de Velecta à Romorantin-Lanthenay, les pièces sont alignées devant les opératrices. Ici, chaque sèche-cheveux est assemblé à la main avant de quitter l’usine. Un modèle de production devenu rare dans ce secteur. Aujourd’hui, l’entreprise s’est recentrée sur les sèche-cheveux. Mais l’histoire a bien failli s’arrêter. En mai 2025, après la perte d’un client important, la société est placée en redressement judiciaire. Elle est finalement reprise en novembre par trois associés, dont l’industriel blésois Philippe Melao. « Je cherchais une entreprise de fabrication française. Quand j’ai étudié le dossier, j’ai découvert une belle endormie avec un vrai savoir-faire et un potentiel de développement », explique le dirigeant. Aujourd’hui, 17 salariés perpétuent cette production locale.

Des appareils entièrement assemblés à la main

Dans l’atelier, les sous-ensembles sont préparés avant d’être montés sur des tables rotatives. Chaque opératrice assemble ensuite l’appareil complet. « Un sèche-cheveux professionnel est composé d’une multitude de pièces », explique Rose Godet, la directrice du site. Présente depuis 25 ans dans l’entreprise, Nadège en assemble jusqu’à 160 par heure. « Tout est fait à la main sur chaque poste », précise-t-elle avec fierté. Et si cinq grandes gammes sortent aujourd’hui de l’usine, l’appareil emblématique reste toutefois le TGR, largement utilisé par les professionnels de la coiffure en France… Et aux USA….

La qualité comme marque de fabrique

Avant expédition, chaque appareil passe par plusieurs contrôles. Cécile, dans l’entreprise depuis plus de vingt ans, vérifie notamment la sécurité électrique. « Je contrôle s’il n’y a pas de fuite électrique ou de fil mal soudé. Ensuite, on attribue un numéro de série pour assurer la traçabilité », explique-t-elle. Entre 400 et 450 appareils peuvent ainsi être testés chaque jour selon les modèles. « Chaque monteuse vérifie son appareil, puis nous réalisons d’autres contrôles électriques et visuels. C’est ce qui garantit la fiabilité du produit », souligne Rose Godet. « Il n’y a pas d’obsolescence programmée chez Velecta »…

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Nicolas Terrien