
Entre un parchemin et une donnée numérique, le plus fragile n’est pas celui que l’on croit. Pourtant, les deux méritent et doivent être archivés, car ils comptent ou compteront dans la connaissance et l’organisation de notre société pour les siècles à venir. Rencontre avec Juliette Gaultier qui dirige depuis le début de l’année, les Archives départementales du Loiret.
Savez-vous qu’au neuvième siècle, l’abbaye de Ferrières en Gâtinais, dans le Loiret, était l’un des centres du monde chrétien occidental ? On sait cela grâce à une charte du roi Charles le Chauve, signée en 841, conservée pour être un document fondateur aux archives du département. Aux côtés de papiers administratifs courants, d’incunables d’exception et de clés USB, ce document unique rappelle une part de notre histoire. Une Histoire pour laquelle se passionne Juliette Gaultier.
À 31 ans à peine, Juliette dirige une équipe de 30 personnes et gère le tout nouveau bâtiment des archives départementales, dans lequel peuvent être entreposés 50 km linéaires de documents de toutes sortes.
Pas impressionnée pour un sou, elle impressionne en revanche par son flegme et sa tranquillité. Passionné d’histoire, latiniste émérite, issue de l’école nationale des Chartes, et du concours de l’Institut national du patrimoine, elle a fait sa thèse sur la correspondance d’Achille Murat, neveux de Napoléon.
« Au-delà de l’intérêt que j’avais pour ce sujet, cela montre aujourd’hui l’importance qu’ont les archives, tant publiques que familiales, pour appréhender la réalité d’une époque, et bien souvent comprendre celle dans laquelle on vit ».

Il n’est pas rare que les grandes familles déposent aux archives de leur département, leurs propres documents, qui témoignent de la lignée et des valeurs patrimoniales. Bien sûr les archives conservent avant tout les documents publics, comme ceux des tribunaux, des notaires, des hôpitaux, des départements ou des administrations publiques.
Mais au fait, pourquoi garder tant de documents dont on imagine qu’ils ne serviront jamais ? « Détrompez-vous, s’empresse Juliette Gaultier, ces archives sont très fréquemment consultées, non seulement par des chercheurs, mais aussi par des gens comme vous et moi, à la recherche d’une légitimité familiale, d’une filiation ou d’un droit de propriété ».
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Stéphane de Laage


