
Docteur en pharmacie reconvertie dans l’agroalimentaire, Isabelle Decorte a fondé Fraîcheur de Beauce à Beauvilliers, en Eure-et-Loir. Sa légumerie transforme les pommes de terre, carottes et oignons de l’exploitation familiale en produits frais prêts à cuisiner, destinés aux cantines, restaurants et collectivités. Un parcours de persévérance au croisement de la science, de l’agriculture et de l’économie sociale et solidaire.

Quinze ans de recherche et développement dans l’industrie pharmaceutique, spécialisée en formulation galénique. Puis un tournant, en 2021, quand Isabelle Decorte met ses compétences scientifiques au service d’un projet mûri depuis 2018 avec son mari Guillaume, exploitant agricole de troisième génération à Beauvilliers. « Mon passé de pharmacien industriel ressort au quotidien sur la partie qualité, hygiène, contrôle. J’ai conçu les plans de l’atelier et projeté tout le système qualité autour », explique-t-elle. L’idée : valoriser en circuit court une partie des 900 tonnes de pommes de terre produites chaque année, ainsi que les oignons, échalotes et carottes. Des légumes de quatrième gamme — épluchés, découpés, conditionnés, mais crus, sans additif ni conservateur — livrés aux cantines scolaires, crèches, restaurants d’entreprise, maisons de retraite et restaurateurs d’Eure-et-Loir et du Loiret.
Cinq ans de persévérance
Le chemin a été semé d’embûches. Si Isabelle a réalisé son étude de marché en 2019 et créé la société en 2021, il lui faudra attendre juin 2024 pour boucler les financements, après des hausses de 30 % sur le projet de bâtiment et les machines liées au Covid puis à la guerre en Ukraine, des refus bancaires et un financement participatif avorté. Le projet initial a dû être revu à la baisse : le local est alors loué et aménagé par leurs soins plutôt qu’un bâtiment neuf et quelques coupes sont réalisées dans les équipements
L’activité démarre enfin en mars 2025. Un an plus tard, la légumerie produit environ 6,4 tonnes par mois, tous légumes confondus et a nettement gagné en productivité. L’équipe s’appuie sur un partenariat avec la Fondation ANAÏS : jusqu’à cinq travailleurs en situation de handicap viennent renforcer la production chaque jour. « On a mis quelques mois à stabiliser l’équipe, mais aujourd’hui les personnes se plaisent et préfèrent cela au travail à la chaîne », se réjouit Isabelle.
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Fabienne Bonvoisin


