Faïencerie de Gien, une nouvelle dimension

Faïencerie de Gien, une nouvelle dimension

La plus ancienne et la plus connue des faïenceries d’Europe vient d’entrer dans un groupe très « protecteur » du patrimoine national. Il choisit d’investir dans l’outil de production et la notoriété, joue de la synergie de créateurs, et met en valeur un héritage qui se transmet de génération en génération.

Quand Jean-Charles de Castelbajac crée « l’Archipel sentimental » pour la faïencerie de Gien, c’est une voie nouvelle qui s’ouvre. L’entreprise vient de franchir son bicentenaire, et s’est attaché les services d’artistes de renom, comme Pierre Frey ou Nathalie Farman-Farma.
Depuis six mois, Pascal Cagni, ancien membre du directoire d’Apple, et président de business France, préside à la destinée de la faïencerie. Fondateur du groupe C4 Industries, il acquiert et regroupe des entreprises du patrimoine vivant, parmi lesquelles les tissus Lelievre ou Duvivier canapés 1840. Il a ainsi créé un groupe de l’art de vivre à la française. En mutualisant les moyens de communication et la force de vente, il donne à ces sociétés d’exception, pour certaines fragiles, de nouvelles ambitions commerciales, techniques et de communication.

Rendre le produit plus désirable encore

Nicolas Lesgards est le directeur général délégué de la faïencerie. En conservant avec une infinie précaution tout ce qui a trait au désirable, au geste, à l’authenticité et à l’exigence de qualité, il veut ouvrir la noble et vieille institution a de nouveaux moyens de développement. « Nous avons la chance extraordinaire d’avoir désormais des actionnaires qui investissent pour le rayonnement et l’image de la France dans le monde ». L’entreprise investit en effet pour la modernisation de sa production (près d’un million d’Euros pour un four et une presse isostatique), mais aussi dans la communication digitale et les vidéos, la vente en ligne devenant sa première boutique.
Les États-Unis restent le premier marché à l’export avec près de 40 % des ventes, mais la faïence made in France est aussi appréciée au Japon, en Chine et en Corée. Près de 700 000 pièces sont produites chaque année par 165 salariés, tous attachés à l’extraordinaire valeur de leur entreprise.
Si les modèles emblématiques de la première faïencerie d’Europe restent incontournables, Millefleurs, Sologne, ou Toscana, la création de nouveaux dessins est incontournable, puisée dans l’esprit de la directrice artistique et de deux-cents ans d’archives.

Stéphane de Laage