Trois réseaux, trois façons de faire grandir les femmes

Trois réseaux, trois façons de faire grandir les femmes

En Centre-Val de Loire, les réseaux féminins ne se contentent plus de provoquer des rencontres. Ils créent des espaces où l’on peut demander de l’aide, parler d’argent, partager ses doutes, développer ses compétences ou déconstruire les stéréotypes. Les Étoiles dirigeantes, les Fameuses et Voy’Elles interviennent à des moments différents du parcours. Autour d’elles, Femmes 41 et Mampreneures complètent un maillage régional dont la diversité répond à celle des besoins.

L’envie progresse, les freins demeurent

Les chiffres nationaux éclairent l’utilité de ces collectifs. Selon l’Indice entrepreneurial français 2025 de Bpifrance, près de huit millions de Françaises sont engagées dans une dynamique entrepreneuriale, soit trois femmes sur dix, contre deux sur dix en 2018. Mais l’élan se fragilise à partir de la trentaine, lorsque les contraintes se cumulent. Surtout, seules 32 % des cheffes d’entreprise et porteuses de projet déclarent avoir été accompagnées, contre 39 % des hommes ; 32 % ont obtenu un financement extérieur, contre 40 % chez leurs homologues masculins. Pourtant, leurs entreprises classiques affichent le même taux de pérennité à cinq ans : sept sur dix. Les réseaux ne compensent donc pas un manque de capacité, mais un accès encore inégal aux ressources et aux contacts.

À Orléans, les Étoiles dirigeantes ont choisi de poursuivre, sous une nouvelle identité, l’aventure née au sein de Bouge ta Boîte. Tous les quinze jours, seize entrepreneures ou dirigeantes se retrouvent autour d’un rituel précis : météo d’entrée, pitch, atelier et « coup de boost », durant lequel chacune formule une demande concrète. Contact, conseil commercial, besoin de visibilité ou difficulté personnelle : la femme n’est jamais dissociée de la cheffe d’entreprise.

« On n’a pas l’habitude de demander de l’aide, on est habituées à se débrouiller seules. Et pourtant, c’est dommage, parce qu’on va moins vite », observe Myriam Pimpaud, présidente de l’association. L’absence de concurrence entre les activités autorise aussi une parole sincère sur les échecs, les tarifs et l’argent, encore souvent tabou. « Quand on montre aussi un peu ses failles, cela permet de mieux rebondir, mieux avancer. » Ici, la sororité devient un outil de progression professionnelle.

Sur les Terres du Val de Loire, Les Fameuses cultivent une autre tonalité. Avec 70 adhérentes et une trentaine de rendez-vous par an, l’association privilégie l’ancrage territorial, l’écoute et la montée en compétences plutôt que le réseautage commercial. Petits-déjeuners, afterworks, ateliers et groupes de codéveloppement permettent de rompre l’isolement et de faire émerger des solutions collectives.

« On fait les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux », résume Coralie Lorre, sa présidente. Derrière cette convivialité, les besoins sont concrets : dépasser le syndrome de l’imposteur, mieux concilier les différents temps de vie ou reconnaître une période difficile. « Entre nous, on n’a pas de problème à dire : je suis débordée, ça ne fonctionne pas, ce mois-ci a été compliqué. » La diversité des métiers — agriculture, restauration, art, commerce ou communication — nourrit les coopérations et reflète le territoire.

Trois réseaux, trois façons de faire grandir les femmes
Réunies tous les quinze jours, les adhérentes des Étoiles dirigeantes cultivent l’entraide, la confiance et le partage d’expériences pour progresser et faire grandir ensemble leurs activités © Laura Lory

Ce contenu est réservé aux abonnés

Afin d'accéder à la totalité du contenu, abonnez-vous à l'épicentre grâce à l'une de nos formules en cliquant ci-dessous.


Fabienne Bonvoisin