Le vélo de fonction, un standard chez nos voisins

Le vélo de fonction, un standard chez nos voisins

L’Allemagne et la Belgique ont déjà converti leurs salariés à la petite reine. La France cherche encore le bon braquet pour généraliser le vélo de fonction.

Alors que la France stagne à moins de 1 % de salariés équipés, l’Allemagne fait figure de locomotive du leasing cycliste, avec 2 millions de vélos de fonction en circulation. Outre-Rhin, 37 % des employés éligibles bénéficient du dispositif « Dienstrad ». La conversion du salaire brut en mise à disposition d’un vélo, exonérée de cotisations sociales et d’impôts, leur offre un avantage concret, leur permettant d’acquérir un vélo à assistance électrique à un coût réduit (20 à 30 % moins cher qu’un achat personnel, selon France Vélo, qui représente la filière). Du côté des entreprises allemandes, ce dispositif limite les charges tout en transformant les employeurs en ambassadeurs actifs de la mobilité cyclable. Résultat : un vélo neuf sur quatre outre-Rhin est aujourd’hui acquis via un leasing d’entreprise.
Dans le classement des pays avec le plus de « vélotaffeurs », la Belgique suit avec 200 000 montures (27 % des salariés éligibles), grâce à un modèle tripartite efficace et au cumul avec les indemnités kilométriques.

En France, des pistes pour changer de vitesse
Dans l’Hexagone, le parc plafonne à environ 20 000 vélos de fonction. Si des géants comme Saint-Gobain (2 000 vélos), Veolia ou le Crédit Agricole ont franchi le pas, le déploiement reste bridé. Le système français actuel de « redevance » (souvent à 70 % à la charge de l’employeur) est jugé trop coûteux pour les structures modestes et souffre d’un manque de clarté réglementaire.

Pour changer de braquet, la filière représentée par France Vélo porte deux demandes clés au gouvernement : officialiser la conversion de salaire sur les sites de référence pour rassurer les DRH, et permettre le cumul systématique avec le forfait mobilités durables (FMD). Dans son rapport publié en juin 2025, les représentants de la filière estiment que ces mesures, doublées de campagnes de promotion, permettraient « en 5 ans à l’État d’accompagner 184 232 Français (4x plus que le leasing social voiture) pour un budget cumulé de 166 M€ (4x moins que le leasing social voiture) ». Le tout en créant 10 000 emplois, alors que le secteur a fortement ralenti après le pic des années Covid.

Sonia Barge-Dupont