Pyrex à Châteauroux : le grand verdissement

Pyrex à Châteauroux : le grand verdissement

Le fabricant de plats de cuisson en verre Pyrex, dont le site unique est situé dans l’agglomération de Châteauroux, dans l’Indre, investira encore neuf millions d’euros pour décarboner son four verrier en 2027. Il vise un verdissement total de son activité d’ici quatre ans. Explications.

Leitmotiv des industriels du verre, parmi les plus gros consommateurs de gaz de l’industrie, dans un contexte de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’envolée des cours gaziers, la décarbonation de son four est déjà une réalité chez Pyrex. Son fonctionnement hybride s’appuie actuellement sur une électrification à 50 %. Ce monstre de 120 mètres carrés, semblable à une maison sans fenêtres, sera entièrement détruit et reconstruit en juillet 2027 pour gagner encore en performances. L’objectif est que la part d’électricité atteigne 80 % à la fin de l’année prochaine et que le gaz ne représente plus qu’un segment résiduel.

« Le groupe consentira un investissement de près de 10 millions d’euros pour parvenir à ce résultat, explique Claude Bin, directeur du site de Pyrex au Poinçonnet, dans l’agglomération casteldunoise. L’étape suivante sera le remplacement du reliquat de gaz issu des énergies fossiles par du biométhane. La décarbonation complète de notre outil industriel est attendue en 2030 ». Concrètement, la fabrication d’une tonne de verre chez Pyrex engendrera l’année prochaine l’émission de 150 kilos de CO2 quand la moyenne des fabricants se situe à 400 kilos.

Four verrier du futur

Pyrex, racheté en 2021 par la Maison Française du Verre (MFDV) avec l’appui financier du fonds franco-luxembourgeois Karteria, avait entamé le processus bien avant les alertes sur le changement climatique. Dès 1998, l’entreprise avait adopté une technologie hybride pour son four verrier, introduisant l’électricité, peu polluante, dans son process de fabrication. Cette transition de longue haleine a été récompensée à l’époque, l’outil actuel construit en 2021 ayant été sacré « four du futur » par les professionnels de l’industrie verrière à l’international. Un avantage clé non seulement au plan environnemental mais aussi au plan de la souveraineté économique de l’entreprise. Pyrex évite notamment d’être soumis aux fluctuations à la hausse des cours du gaz dans un contexte géopolitique troublé par les conflits ukrainiens et iraniens.

Moins tributaire de la concurrence asiatique que les acteurs verriers de la gobeleterie, comme le nordiste Arc et Duralex situés près d’Orléans dans le Loiret, Pyrex est leader sur son marché de niche, avec une production de 44 millions de produits en 2025. La marque reste compétitive face à ses deux principaux outsiders, les groupes tchèque Kavalierglass et le turc Borcam. Son chiffre d’affaires sera ainsi stable cette année, à 95 millions d’euros.

Photo : Pour Pyrex, qui emploie 580 collaborateurs dans l’Indre, le prochain enjeu dans un contexte de périodes de canicules de plus en plus nombreuses est l’approvisionnement en eau dont la marque a besoin pour refroidir ses machines. ©Pyrex

Guillaume Fischer