
S’il est loin le temps où le secteur de la Défense n’avait pas la cote auprès des salariés, il peine encore à recruter suffisamment, compte tenu cette fois du réarmement soutenu de la France depuis le début du conflit en Ukraine 2022. Pour pallier ce manque, certains acteurs de l’intérim ouvrent des agences spécialisées comme à Bourges, l’un des « Hubs » industriels de la Défense en France.
Avec une estimation de 85 000 postes vacants d’ici 2030 dans l’industrie de Défense, chez les fournisseurs des armées de terre, de l’air et de l’espace, ainsi que de la Marine, les besoins en main d’œuvre, dus à une augmentation sensible des cadences, sont énormes pour permettre à la France de se réarmer à marche forcée. Le budget de la Défense a ainsi été augmenté massivement, à hauteur de 6,7 milliards d’euros supplémentaires pour les quatre prochaines années. De surcroît, la pyramide des âges est largement défavorable dans les métiers de l’armement et de l’aéronautique. Ce contexte tendu a poussé des groupes de travail intérimaire comme la PME Intérim Nation (Belvedia) à s’investir pleinement en faveur de la filière dans la recherche tous azimuts de candidats de candidats sur les zones de tension.
7000 collaborateurs de l’industrie de l’armement à Bourges
Concernant l’armement conventionnel, c’est notamment le cas à Bourges dans le Cher. Avec les sites du missilier MBDA, du constructeur du canon César KNDS, ainsi que de la Direction générale de l’armement (DGA) cette ville moyenne emploie 7.000 collaborateurs directement ou indirectement liés à l’industrie de Défense. Une quarantaine d’entreprises berrichonnes sont ainsi des sous-traitantes des grands donneurs d’ordres cités. « Après moins de deux mois d’ouverture de notre agence spécialisée dans les métiers de l’armement, nous avons environ 80 postes ouverts et l’on estime le nombre total à 250 en 2026, assure Thomas Rafin, directeur d’Intérim Nation pour le Grand Ouest et le Centre de la France. Bien souvent les employeurs ne sont pas en mesure de les recruter, notamment à cause du manque de main d’œuvre compétente disponible. La concurrence exacerbée sur ces profils de l’ajusteur ou du câbleur à l’ingénieur explique aussi leurs difficultés ».
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Guillaume Fischer
Photo : Le premier ministre de l’époque, François Bayrou, s’était déplacé chez KNDS à Bourges en mars 2025 pour encourager la montée en cadence au sein du fabricant du canon César. (DR)


