Des toitures végétalisées et photovoltaïques conçues au cœur de la Beauce

Des toitures végétalisées et photovoltaïques conçues au cœur de la Beauce

La végétalisation des toits du village olympique de Paris 2024 est l’œuvre du Prieuré, entreprise familiale issue d’une exploitation agricole du Loir-et-Cher.

Une prairie fleurie sur un toit au cœur de la ville, une forêt au sommet d’un building, un mur de béton végétalisé, le tout avec gestion des eaux pluviales et production photovoltaïque : autant de solutions conçues par Le Prieuré. C’est au centre du village de Moisy, entre Blois et Châteaudun, qu’est installée l’entreprise de Raphaël Lamé. Un ancien prieuré, avec sa grange dîmière, accueille depuis 1840 l’exploitation agricole familiale. Abonnée, comme toute la Beauce, aux grandes cultures, l’entreprise se spécialise progressivement dans des voies alternatives : d’abord l’horticulture et le gazon de placage à partir des années 1980, puis les toitures végétalisées dix ans plus tard.

C’est dans ce domaine que Le Prieuré va véritablement innover en proposant des solutions pré-cultivées, prêtes à l’installation, intégrant un stockage d’eau et adaptées aux toits en pente. Le Prieuré, c’est aujourd’hui une pépinière de 40 hectares installée à Moisy, où sont produits des plants destinés exclusivement à la végétalisation de toitures. La société produit aussi son propre substrat adapté aux toits, à raison de 9000 m³ par an.

Partant de la culture des plantes, l’entreprise a progressivement intégré tous les services permettant la création de toitures végétalisées, jusqu’à proposer des travaux d’installation et de maintenance et à créer son propre bureau d’études pour proposer des solutions de végétalisation du bâti adaptées à chaque projet.

Si le Prieuré a été retenu pour aménager les toits du village olympique, c’est aussi pour sa capacité à combiner la production photovoltaïque et la végétalisation du toit, tout en gérant et stockant localement les eaux pluviales. « Nous avons été sélectionnés car il y avait à la fois un enjeu de biodiversité, avec la proximité d’une zone Natura 2000, et un enjeu de gestion des eaux de pluie : il fallait éviter qu’elles aillent directement dans la Seine », explique Marion Touaux, cheffe de projet du village des athlètes chez Le Prieuré. Avec très peu d’espace au sol sur l’île Saint-Denis, la rétention des eaux pluviales en toiture était très adaptée.

Au total, 6000 m² de toiture ont été aménagées par Le Prieuré au village olympique, dont 600 m² de panneaux photovoltaïques. Ce chantier constitue aujourd’hui la meilleure carte de visite de l’entreprise loir-et-chérienne, d’autant qu’un des onze immeubles concernés est un hôtel, qui ambitionne de sensibiliser le public le plus large aux techniques mises en œuvre pour le respect de l’environnement.

La participation à la construction du village olympique a-t-elle apporté au Prieuré une notoriété à même de lui ouvrir de nouveaux marchés ? « Quand on dit que notre showroom, c’est le village des athlètes, ça attise la curiosité et fait appel aux émotions des Jeux olympiques, admet Clémentine Père, directrice marketing de l’entreprise. Mais les cycles de vente étant longs dans la construction, il peut se passer du temps entre le moment où nous plantons une graine dans la tête d’un architecte et celui où il décide de faire appel à nous. »

Les nombreux projets de toitures végétalisées menés par Le Prieuré, qui a désormais des filiales en Espagne et aux États-Unis, ne l’empêchent pas d’être fidèle à sa région d’origine : l’entreprise a réalisé l’an dernier la végétalisation du Colisée, la grande salle de spectacle de Chartres.

Etienne Berrier