
Face à la hausse de fréquentation et aux contraintes budgétaires, la région Centre-Val de Loire a choisi la voie de la sobriété ferroviaire : rénover plutôt qu’acheter. Dix-sept rames TER viennent d’être modernisées, vingt-quatre autres suivront d’ici 2030. Un pari économique et écologique à long terme.
À première vue, ces trains pourraient sembler tout juste sortis d’usine. Sièges neufs, sols refaits, lumières LED plus douces : les rames TER du Centre-Val de Loire affichent une allure rajeunie. Pourtant, elles circulent depuis plus de vingt ans ! Plutôt que de les remplacer, la région et SNCF Voyageurs ont lancé un vaste programme de modernisation. Dix-sept rames Z21500 circulant sur les lignes Orléans– Tours, Tours–Poitiers et Tours–Saumur ont déjà été rénovées. Vingt-quatre autres suivront d’ici 2030. Les 75 000 voyageurs quotidiens n’ont pas mis longtemps à remarquer les changements. À bord, tout a été revu : sanitaires, plafonds, signalétique, prises électriques à chaque siège. “L’objectif est de traiter tous les désordres observés après deux décennies d’exploitation”, explique Pierre Lerat, expert du matériel roulant chez SNCF Voyageurs. Dans une rame rénovée, il désigne fièrement les nouveaux sols : “Vous avez vu ? Même les linos des plateformes ont été remplacés !” À l’extérieur, la livrée Rémi a été modernisée et les carrosseries traitées contre la corrosion.
Une stratégie ferroviaire durable
Ces rames ont subi leur cure de jouvence au technicentre industriel de Nevers-Languedoc, avant de retrouver leur base de maintenance à Saint-Pierre-des-Corps. Les modifications vont bien au-delà du confort : accessibilité améliorée avec rampes manuelles, contraste des marches repensé, signalétique en braille, et surtout un doublement des emplacements pour vélos – six désormais par rame. Pour la Région, cette modernisation n’est pas seulement technique : elle s’inscrit dans une vision globale des mobilités. “Entre les centres de maintenance et le matériel roulant, la Région a investi 1,4 milliard d’euros en dix ans”, rappelle Philippe Fournié, vice-président en charge des mobilités.
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Nicolas Terrien


