Eau potable : à la limite du possible

Eau potable : à la limite du possible

Après l’hydropompe, puis l’éolien anticyclonique, Marc Vergnet et son équipe sont en passe de réussir le « dessalement de l’eau de mer à l’aide de l’énergie solaire ». Alors que les plus grands industriels s’y essaient, Mascara, PME chartraine, s’est invitée dans le monde des géants avec son projet Osmosun.

S’il est un sujet préoccupant pour notre planète, c’est bien celui de l’eau potable. Actuellement, la source principale est souterraine. L’eau que nous traitons dans les stations d’épuration n’est pas autorisée à la consommation. En dernier recours, la seule eau que nous puissions utiliser est donc l’eau de mer, à condition de la dessaler.

Pour cela, le principe de l’osmose inverse est bien connu. Il consiste à faire passer l’eau salée sous pression (60 bars) dans une membrane qui retient le sel. Les usines sont déjà nombreuses sur la planète, environ 20 000. Mais le problème est qu’elles fonctionnent toutes aux énergies fossiles et rejettent donc de grandes quantités de CO2. La question d’avenir est donc de les faire fonctionner avec des énergies renouvelables, en l’occurrence solaires. Mais si le soleil est abondant dans certains pays, il n’est nulle part constant. Ce qui n’est pas compatible avec le principe de l’osmose inverse.
Depuis plus de 10 ans, Marc Vergnet, pionnier de l’énergie éolienne dans les pays insulaires et africains, travaille à cette question de l’accès à l’eau potable en continu. C’est à Chartres qu’il a installé son atelier dans lequel il teste, avec son associé Maxime Haudebourg, le principe de l’osmose inverse et de la régulation de la pression, pour une fourniture constante d’eau potable. Et ça marche : il y a dix ans déjà, ses démonstrations faites à Abou Dhabi ont su convaincre des industriels, parmi lesquels Suez, qui s’est associé à certains projets Osmosun de par le monde.

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Stéphane de Laage