
Bretonne passionnée de chevaux, c’est en Sologne qu’elle est aujourd’hui éleveuse de vaches normandes ! La vie d’Anne-Aël Leroy est un concentré de surprises et de bonheurs, entremêlés d’inévitables galères, mais c’est le sourire qui prime.
En terminale S, elle voulait être veto. Après un BTS agricole en alternance, dont elle sort major de promotion, elle poursuit avec une licence pro et découvre les vaches Normandes. “ J’étais une fille de la ville, 50 kg toute mouillée, le profil idéal pour embrasser une carrière agricole ” ! Anne-Aël ne manque ni d’humour ni de tempérament. Elle est drôle et maîtrise à merveille l’autodérision. Le hasard de la vie l’entraîne en Sologne, où elle suit des formations multiples et complémentaires. Elle se porte candidate à la reprise de la ferme du domaine du Ciran, alors en liquidation. Et comme elle ne fait pas les choses à moitié, elle s’implique naturellement dans sa Chambre d’agriculture. Anne-Aël s’installe à Menestreau-en-Villette avec son projet de développement agricole. Un an plus tard, c’est un renouveau et le début d’une nouvelle production. Les Prairies du Domaine, c’est le nom de la ferme, voit les premiers vêlages, premières traites et premiers fromages. Anne-Aël fabrique les produits sur place, les vend à la ferme et développe ainsi un système agricole cohérent, adapté à la vie animale.
Féminité combattante
Et justement, Anne-Aël a prouvé que c’était possible, y compris en Sologne qui n’a pourtant pas l’agriculture pour carte maîtresse. Constance de Pelichy en est députée, ancien maire de la Ferté- Saint-Aubin, elle connait bien sa Sologne : “ vous avez une capacité à transmettre votre passion et incarner votre projet, lui dit-elle. Vous nous donnez une belle leçon de courage et de détermination ”.
“J’ai passé ces dernières années à réfléchir, à emprunter de l’argent, à rêver aussi, et croire à un dynamisme économique possible.”
Anne-Aël

Valentin Caron, président de la Chambre d’agriculture du Loiret, est quant à lui fier de voir renaître une ferme, “ tu redonnes à la Sologne ses lettres de noblesse agricole ”. Anne-Aël ne s’est pas économisée, cumulant le travail de la ferme avec les obligations administratives et son rôle de jeune maman. Elle remercie chaque jour les artisans, les copains paysans et le domaine qui l’a accueillie et soutenue dans son projet, et n’oublie pas non plus le Crédit Agricole, la Région et l’Europe.
Derrière son sourire qui raconte le bonheur qui est le sien, Anne-Aël rappelle quand même : “ ce que je vis est extrêmement difficile, mais je souhaite à tout le monde de pouvoir vivre ses rêves comme je vis les miens ”.
Stéphane de Laage


