
C’est un cri du cœur que lancent conjointement les médiateurs du crédit et des entreprises, l’URSSAF, la DGFIP et la Banque de France réunis. Ensemble, ils en appellent à la raison des chefs d’entreprise qui perçoivent les premières difficultés.
« N’attendez pas qu’il soit trop tard, frappez à la porte de celui qui vous inspire confiance », martèle Frédéric Visnovsky, médiateur du crédit aux entreprises. Expert-comptable, banquier, services de l’État, Urssaf ou Banque de France, il faut les consulter tôt, sans honte, ni peur. À la décharge des dirigeants, reconnaissons pourtant que les organismes satellites de l’entreprise sont nombreux, trop nombreux. Bien que pétris de bonnes intentions, ils n’ont pas bonne presse auprès des chefs d’entreprises qui par nature sont souvent positifs, parfois trop, et pensent que les choses vont s’arranger seules.
Il n’y a pas de permis d’entreprendre en France, or en 2024 se sont créées 1,2 millions d’entreprises. Pour la seule région Centre-VdL, 300.000 comptes sont enregistrés à l’Urssaf, 30.000 d’entre eux sont accompagnés en délai de paiement pour passer un mauvais cap. « Appelez, supplie Julien Floc’h, Directeur régional de l’URSSAF. On décroche dans 94 % des cas, et c’est un expert qui connaît votre dossier que vous aurez au bout du fil. Venez avant qu’il ne soit trop tard et même si l’on n’est pas d’accord, on se parlera. Car figurez-vous que l’URSSAF aime les entreprises, et n’a d’autre objectif que de laisser les entreprises faire tourner l’économie française ».
Depuis 2020, il existe même des aides particulières pour les travailleurs indépendants qui connaissent des difficultés. Jusqu’à la prise en charge (pas l’annulation), des cotisations afin de garder les droits sociaux actifs.
Christian Delhomme, Directeur régional de la Banque de France, file a métaphore militaire, « Ensemble, nous sommes des casques bleus, dit-il. Quand ça ne va pas, on démine la zone et on négocie. » Précision utile : l’accompagnement collégiale est gratuit, confidentiel et anonyme. « Et le meilleur dans tout cela, ajoute Frédéric Visnovsky, c’est que le taux de réussite est voisin des 85 %. »

Madame Godard-Devaujany, directrice régionale des finances publiques, fait quant à elle l’éloge du dispositif « signaux faibles » à la disposition de certains organismes. « Les données des entreprises passent à la moulinette de l’intelligence artificielle, explique-t-elle, ce qui permet, par comparaison à d’autres entreprises qui ont eu des difficultés, de lancer des alertes, une fois encore avant qu’il soit trop tard ».
Rapide, efficace
Reste enfin, la boîte à outils du dirigeant, pour connaître les dispositifs mis à leur disposition quand ils sont en difficulté. Dans cette boîte, se trouvent tous les systèmes d’accompagnement. Anthony Renou, dirigeant de la commanderie d’Arville, une entreprise de l’économie sociale et solidaire, a eu du mal en 2024 à rembourser son PGE. « J’ai pris contact avec le conseiller départemental à la sortie de crise. Entre la médiation du crédit et la clôture du dossier, il s’est à peine passé 48 heures. Le remboursement du prêt a tout simplement été rééchelonné sur 24 mois ».
Alors, comme un cri du cœur, c’est Sophie Brocas préfète de région, qui conclut : « Poussez la porte, on s’occupe du reste. Il y a certes beaucoup de malades, mais de nombreuses résurrections ».
Pour trouver la boite à outils du dirigeant, consultez le document en ligne.
Stéphane de Laage


