L’adaptation des agriculteurs au changement climatique est en marche

L’adaptation des agriculteurs au changement climatique est en marche

Via le programme ClimaTerra, le ministère de l’Agriculture accompagne depuis début 2026 les exploitants face au changement climatique. Retour d’expérience de deux d’entre eux en Eure-et-Loir.

Face au réchauffement du climat, les agriculteurs sont impactés au premier chef et doivent, à marche forcée, adapter leurs exploitations au changement. Ce dernier se traduit essentiellement par une répartition différente de la pluviométrie dans l’année, ainsi qu’une évolution à la hausse des températures, provoquant des gelées moins nombreuses et plus tardives. C’est dans ce contexte que les chambres d’agriculture France, qui ont pris tardivement la mesure du risque environnemental et économique, ont lancé en 2023, à titre expérimental, ClimaTerra. Le dispositif prévoit ainsi un diagnostic de vulnérabilité à 360°, un plan d’action personnalisé et un accompagnement technique pour chaque agriculteur volontaire.

Changement de cultures

« En Centre-Val de Loire, l’opération a reçu un accueil plutôt favorable puisque, sur 2 000 agriculteurs sensibilisés (sur 19 000 au total), 100 plans d’action individuels ont été élaborés depuis le début de l’année, se félicite Maxime Buizard, nouveau président de la chambre d’agriculture. L’audit des parcelles permet d’apprécier l’impact réel du changement climatique et surtout les leviers d’adaptation. » Ils préconisent d’une part l’arrêt de certaines cultures comme les petits pois, très sensibles au réchauffement. A contrario, en Centre-Val de Loire, une vingtaine d’agriculteurs ont réintroduit la culture du salsifis, qui avait presque disparu. Exploitant deux exploitations céréalières à Digny et à Dammarie en Eure-et-Loir, Emilien Marcault a ainsi introduit du tournesol en 2024 sur une partie de ses 220 hectares. Depuis cette année, il a également ajouté à son panel de cultures la graine de lin destinée à l’alimentation du bétail.

Nouvelles façons de cultiver

La manière de cultiver est aussi un facteur d’amélioration et de résilience des exploitations. Propriétaire d’une ferme de grandes cultures de 130 hectares, également à Dammarie, dans le sud de l’Eure-et-Loir, Marie-Hélène Jeuffroy fait aussi partie des agriculteurs accompagnés dans le cadre du programme ClimaTerra. Outre le maintien de la rotation des cultures tous les six ans environ, elle prévoit un changement de taille au sein de son exploitation. « Cet audit m’a convaincue de planter de nouvelles haies pour lutter contre l’érosion des sols, explique l’agricultrice. Cela permettra aussi d’accroître le stockage de carbone dans les sols. » S’il diversifie aussi l’assolement, Emilien Marcault prévoit d’accroître à l’avenir la technique du strip-till, qui consiste à ne labourer que la bande de semis. Objectif : limiter l’épuisement des sols.

Photo : Emilien Marcault cultive des céréales comme le blé tendre dont le cycle de culture est court et nécessite une consommation moindre d’eau : une nécessité à l’heure où la ressource devient de plus en plus difficile d’accès pour les agriculteurs. ©Emilien Marcault

Guillaume Fischer