
Devenir ou rester élu local ? À moins d’un an des élections municipales de mars 2026, la question commence à se poser en Loir-et-Cher comme ailleurs. Une chose est sûre, il est toujours bon de renouveler des équipes.
Joël Debuigne est maire de Huisseau sur Cosson. Élu “ depuis longtemps ” (2008), il réfléchit “ beaucoup ” en ce moment : se représentera-t-il ? Les élections sont en mars 2026, et les années, les dossiers et les projets commencent à “ s’accumuler ”. Il a eu des soucis de santé et la perspective de “ repartir ” pour six ans l’interroge. “ C’est un mandat qui apporte beaucoup, admet-il, le meilleur, le plus proche des gens — mais il compte nombre de contraintes, on manque de moyens, tout le monde a votre numéro de portable, parfois c’est lourd, souvent chronophage ”.
Il hésite à “ rempiler ” et pourtant, il aime sa commune à la vie associative intense, il aime aider les gens. “ J’ai été élu pour leur faciliter la vie, parfois en urgence, les rassurer ou écouter, en tout cas pas pour les ennuyer ”. En même temps, il estime sain de renouveler les profils, et de ne pas faire le mandat de trop : “ Je connais plein de gens qui ont de bonnes idées et apporteraient mille choses au territoire, à condition qu’ils s’engagent ”.
Cette invitation à devenir maire ou conseiller, Catherine Lhéritier, présidente des maires du Loir-et-Cher, la porte aussi. Questionnée alors qu’elle revient de Paris, où elle assume des responsabilités à l’Association nationale des maires de France (AMF), elle sait la fatigue de ses collègues. “ Le mandat a été prenant, on nous a assommé de normes, réduit les subventions, le covid n’a rien arrangé : les équipes sont fatiguées ”.
Engagez-vous, rengagez-vous
Néanmoins, la maire de Valloire-sur-Cisse évoque une fonction de maire toujours plaisante : “ Il reste des marges de manœuvre, on trouve encore des financements pour les projets, les services de l’État nous accompagnent, c’est gratifiant. Oui, on peut encore transformer sa commune ”. Alors engagez-vous, rengagez-vous ? “ Oui, la démocratie en Loir-et-Cher a besoin de nouveaux profils, dont des femmes, des jeunes ou personnes du secteur privé ”.
Catherine Lhéritier est d’autant plus encourageante qu’une brise nouvelle souffle selon elle sur l’édile de proximité. “ Il y a quelques mois, je vous aurais dit que beaucoup plus de maires qu’en 2014 renonceraient à se représenter. Il y avait du pessimisme, des démissions… mais depuis quelques mois, avec l’incertitude qui prévaut au niveau national, je sens que le mandat a retrouvé en épaisseur : nous sommes repositionnés comme un pôle de stabilité — et ça galvanise ! ”. Elle rappelle que le thème du congrès national des maires, en novembre à Paris, était “ Les communes… heureusement ”.
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Bruno Leprat


