Saint-Laurent-des-Eaux : la centrale nucléaire boucle un chantier industriel stratégique

Saint-Laurent-des-Eaux : la centrale nucléaire boucle un chantier industriel stratégique

La centrale de Saint-Laurent- des-Eaux (Loir-et-Cher) a achevé cet été ses visites décennales. Un programme de modernisation lancé en 2019, mobilisant jusqu’à 2 500 intervenants et 65 millions d’euros d’investissements, dont une part significative au bénéfice des entreprises locales. L’objectif : sécuriser dix années supplémentaires de production nucléaire et maintenir un haut niveau de compétitivité énergétique.

À l’heure où la France mise sur le nucléaire pour garantir son indépendance énergétique et réduire ses émissions de CO2, la centrale de Saint-Laurent-des- Eaux vient de franchir une étape décisive. Le 16 août, son réacteur n°1 a été reconnecté au réseau, marquant la fin d’un vaste cycle de travaux qui aura mobilisé le site durant six années. “C’est un travail colossal qui s’achève”, résume son directeur, Stéphane Lelong.

Un chantier d’ampleur industrielle

Entre janvier et août, le réacteur n°1 a fait l’objet d’une inspection complète, deux ans après le réacteur n°2. Objectif : garantir la sûreté et la performance des deux unités de 900 MW pour la prochaine décennie.
Au total, 18 000 activités de maintenance ont été menées, allant des contrôles de soudure aux remplacements de pièces stratégiques. L’opération la plus spectaculaire a concerné l’alternateur : extraction et réinstallation d’un rotor de 150 tonnes, pièce maîtresse de la production électrique. Ces interventions ont nécessité une organisation hors norme. Jusqu’à 2 500 salariés, EDF et sous-traitants confondus, se sont relayés en simultané, mobilisant 220 entreprises au plus fort du chantier.

Retombées locales et investissement massif

Avec 65 millions d’euros investis, le projet illustre la place du nucléaire dans l’économie industrielle des territoires. Près d’un tiers des dépenses a bénéficié directement aux entreprises régionales, implantées dans le Loiret, le Loir- et-Cher ou l’Indre-et-Loire. Une manne significative pour le tissu local, portée par un secteur où les compétences techniques sont particulièrement recherchées. Côté sécurité, le directeur se félicite du bon déroulement des opérations. Aucun incident majeur n’a été relevé, hormis deux accidents du travail sans gravité.

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Nicolas Terrien