
A l’occasion d’une exposition à l’été 2019 au Musée de la Vallée de la Creuse, un ouvrage édité aux POINTS d’AENCRAGE retrace avec délicatesse les origines et l’empreinte locale d’HIQUILY
Il est des artistes qui se sont épanouis dans la lumière, et dont on oublie qu’ils ont modestement vécu chez nous. Plus tard, leurs œuvres et leurs travaux resurgissent par le truchement de leurs descendants. Hequily est de ceux-là, ne l’oublions pas.
Concremiers, un si petit village berrichon, à peine un point sur une carte et pourtant… Les villageois n’en reviennent pas. Comment diable, de cette modeste maison berrichonne naquit ce prodige de la sculpture des sixties !
Une énigme devenue emblématique les a quittés, aussi discrètement que l’homme y a vécu. Philippe Hiquily s’est effacé le 27 mars 2013 à l’âge de 88 ans devant son œuvre.
Une œuvre initiatique ? Pas du tout. Rentré aux beaux-arts en 1947 alors que ses parents le pressentaient à une carrière d’ingénieur, cette belle gueule, précurseur de la libération sexuelle, puise son inspiration dans l’art primitif… La légendaire pudeur berrichonne pourrait s’offusquer d’une telle manifestation du corps. De cette humilité qui se dégage de l’artiste, on ne retient pourtant que les rondeurs douces, mobiles et nobles du métal reformé.
César, Saint Phalle et les autres
Bien sûr, l’effusion créatrice déborde bien vite du petit village, et se répand légitimement vers l’universalité du talent. Si l’on réunit assez fatalement les cinq “ grands ” du moment : César, Arman, Saint Phalle et Giacometti, il semble bien compliqué en revanche de rattacher l’œuvre de Philippe Hiquily à une mouvance artistique. On pourra toujours chercher une certaine “ continuité surréaliste ” ou encore “ un art premier occidental ”, lui-même s’en défendait.
En minimalisant les mains, les pieds et la tête, tous moyens d’expression, le corps devient tout. Cette approche à la fois ironique et mythologique de l’érotisme le mènera assez naturellement au “ collage ” unissant la machine à l’être. On retiendra dans ce sens des œuvres devenues maitresses comme “ La secrétaire ”, “ La motocyclette ” ou encore “ La rôtisseuse ”… Une époustouflante collection rassemblée dans un remarquable catalogue raisonné, édité en 2012…
Ce contenu est réservé aux abonnés
Afin d'accéder à la totalité du contenu, abonnez-vous à l'épicentre grâce à l'une de nos formules en cliquant ci-dessous.
Hugues de Poix


