La Mobylette redémarre : à Châteauroux, une PME familiale rallume un mythe populaire

La Mobylette redémarre : à Châteauroux, une PME familiale rallume un mythe populaire

Icône populaire des Trente Glorieuses, la Mobylette s’offre une seconde vie à Châteauroux. L’entreprise familiale Thoonsen Trading relance la marque mythique dans des déclinaisons électriques pensées pour la livraison urbaine. Entre nostalgie industrielle, innovation frugale et ancrage territorial, l’histoire du pari d’une renaissance…

La renaissance d’une légende mécanique passe par une ancienne usine de pain industriel. À Châteauroux, l’entreprise Thoonsen Trading a racheté la friche Harrys pour y installer sa future unité de production. Sur ce site de 22 000 m², elle prévoit d’occuper à terme près de 10 000 m² pour fabriquer et assembler une nouvelle génération de Mobylette. À la tête de la société, Jacky Thoonsen assume un pari industriel d’environ 4 millions d’euros, incluant l’achat et la transformation du site. À première vue, rien ne prédestinait ce spécialiste des dispositifs antivols pour la grande distribution à relancer un cyclomoteur mythique. Pourtant, la transition s’est imposée avec l’essor des commandes en ligne et de la logistique du « dernier kilomètre », qui oblige les magasins à livrer rapidement les clients situés à proximité.

De la sécurité des magasins au « dernier kilomètre »

Les vélos électriques du marché se révèlent vite mal adaptés à un usage professionnel intensif. « Ils étaient conçus pour le loisir, pas pour travailler toute la journée », résume Jacky Thoonsen. La PME conçoit alors un vélo utilitaire robuste. Mais lors des présentations commerciales, la remarque revient : « On dirait une mobylette ». Intrigué, l’entrepreneur se penche sur le statut juridique de la marque. Autrefois liée à Motobécane puis à Yamaha, elle n’est plus exploitée. Thoonsen Trading engage une procédure et obtient officiellement les droits en décembre dernier. « Au départ, c’était presque pour le fun. Et puis on se rend compte du poids de l’héritage », sourit le dirigeant.

Une Mobylette électrique et utilitaire

La nouvelle Mobylette se décline aujourd’hui en deux versions. La première est un vélo à assistance électrique limité à 25 km/h, adapté aux centres-villes et déjà homologué. La seconde, plus proche de l’esprit originel, est un cyclomoteur électrique capable d’atteindre 45 km/h, encore en cours d’homologation. « Nous avons voulu développer un véhicule simple, robuste et réparable », explique Fanny Thoonsen, directrice commerciale de l’entreprise. Le modèle se distingue par ses pneus larges, ses freins renforcés et une batterie amovible permettant d’enchaîner les tournées de livraison. L’autonomie moyenne varie entre 40 et 60 kilomètres, pour un prix compris entre 3 500 et 4 500 euros selon les versions.

Ce contenu est réservé aux abonnés

Afin d'accéder à la totalité du contenu, abonnez-vous à l'épicentre grâce à l'une de nos formules en cliquant ci-dessous.

Nicolas Terrien