Les ETI, moteur de l’économie locale vertueuse

Les ETI, moteur de l’économie locale vertueuse

En réunion à Chaumont-sur-Loire avant l’été, les dirigeants du METI, mouvement national des ETI, entreprises de taille intermédiaire, ont élaboré des pistes de réflexion pour favoriser leur développement économique, les intégrer dans leur écosystème local et faciliter ainsi la création d’emplois en développant une économie de proximité vertueuse.

Bertrand Chabane est co-président du club ETI Centre-Val de Loire, aux côtés d’Alexis de l’Épinay. Il insiste sur l’importance de la stabilité et du développement des ETI sur leur territoire : « Une ETI qui a les coudées franches, dit-il, produit dans sa région, investit et crée de l’emploi. Les ETI sont la solution pour éviter la France des volets fermés, qui se meurt faute d’emploi et qui donne lieu à des ressentiments et des conflits sociaux, comme on l’a vu avec les gilets jaunes. Une France à 20 000 ETI n’aurait rien à voir avec celle des 7 000* que l’on connaît aujourd’hui. Ce serait assurément le plein emploi, une meilleure rémunération des salaires et une bien meilleure compétitivité de la France ».

Notre intérêt à tous

Parmi les pistes de réflexion, il en est une qui suggère d’interdire la surtransposition des directives européennes en droit français. Serpent de mer qui a, semble-t-il, trouvé un écho favorable avec la loi Omnibus adoptée en février 2026, et qui simplifie la réglementation environnementale européenne. Elle relève le seuil d’application de la CSRD (obligation de rapport sur l’impact environnemental) aux entreprises de plus de 1 000 salariés et de 450 M€ de chiffre d’affaires. Ainsi, les ETI sont-elles moins contraintes par le reporting qui leur est imposé. « L’environnement est l’un des sujets majeurs que nous développons à chacune de nos réunions, poursuit Bertrand Chabane. Nous avons installé, dans le club ETI Centre-VL, une commission environnement et activité écocirculaire. Dès la rentrée de septembre, les cadres et responsables techniques de nos entreprises vont travailler ensemble à ce sujet. » Sans objectif chiffré, il s’agit néanmoins d’optimiser ce qui fonctionne déjà pour être plus efficient.

Pédagogie pour une industrie durable

« Il est dans notre intérêt à tous d’aller dans le sens de la préservation de l’environnement et de trouver des solutions pour nos clients, insiste Alexis de l’Épinay, pour qu’ils émettent moins de carbone dans leurs procédés industriels et commerciaux. Notre conviction est qu’une entreprise qui ne fait rien pour la protection de la planète aujourd’hui est une entreprise qui sera morte demain ».
Alors, pour être pérennes, les ETI favorisent aussi la pédagogie pour une industrie durable, à l’impact zéro carbone et pour le réemploi. Ce projet, initié en son temps par le club ETI Centre-VL, privilégie la formation aux métiers de l’industrie et des énergies renouvelables. La FMIE est aujourd’hui un projet tripartite de 4 M€, porté par l’État, la Région et le Rectorat.
Ce projet devrait s’étaler sur cinq ans et permettre aux collaborateurs les plus convaincus de former la génération montante, du CAP à bac +3.
Enfin, les ETI travaillent aussi à la transmission de l’excellence, des savoirs et des savoir-faire, et suggèrent notamment la suppression ou la réduction des cotisations retraite au-delà d’un âge pivot, pour encourager le maintien en emploi des salariés expérimentés, et ainsi préserver les savoir-faire dans l’entreprise.

La réflexion change peu à peu d’orientation, les ETI se veulent vertueuses et moteurs du développement du territoire. Et si ça marchait ?…

*En région Centre-Val de Loire, on compte 132 ETI, qui emploient 45 300 salariés pour un chiffre d’affaires de 21,3 Md€.

Photo : Bertrand Chabanne et Alexis de l’Espinay, co-présidents du club ETI Centre-Val de Loire

Stéphane de Laage