Bâtir des vocations dans le BTP : quand un chantier devient un levier d’orientation et de sens

Bâtir des vocations dans le BTP : quand un chantier devient un levier d’orientation et de sens

Face à la crise de l’apprentissage et aux difficultés de recrutement, le secteur du bâtiment redouble d’efforts pour attirer les jeunes. Le 5 février, l’opération “ Les Coulisses du Bâtiment ”, organisée à Blois, a ouvert un chantier grandeur nature aux collégiens et lycéens. Une immersion concrète, pensée comme un déclencheur d’orientation, en écho à la valorisation des parcours d’excellence au sein des CFA du territoire.

Casque sur la tête et bottes aux pieds, les collégiens et lycéens du Loir-et-Cher ont découvert, le temps d’une journée, l’envers du décor d’un chantier. À l’initiative de la Fédération française du bâtiment, l’opération “ Les Coulisses du Bâtiment ” a investi le chantier du CFA interprofessionnel de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Blois pour faire découvrir la diversité des métiers du secteur. “ C’est la promotion des métiers du bâtiment à travers la visite d’un chantier ”, explique Catherine Jouanneau, secrétaire générale de la FFB 41. “ Cela permet aux jeunes d’en percevoir l’atmosphère, de comprendre comment ça fonctionne, et peut-être de créer une étincelle… ” Plaquistes, plâtriers, peintres, carreleurs, plombiers ou chauffagistes : les professionnels étaient mobilisés pour présenter leur quotidien et leurs savoir-faire, dans un langage volontairement simple et pédagogique.

Donner à voir la réalité du travail… et ses perspectives

Au-delà de la démonstration technique, l’enjeu est aussi économique et social. “ On est sur une crise de l’apprentissage, reconnaît Catherine Jouanneau, mais il est important de rappeler que ce sont des métiers qui ne se délocalisent pas. Il y a des entreprises du bâtiment dans toutes les communes, avec des rémunérations aujourd’hui attractives et des conditions de travail qui ont évolué. ” Un message assumé, et destiné à casser les idées reçues et à repositionner le bâtiment comme une filière d’avenir. “ L’idée, c’est vraiment que les jeunes puissent se dire : Pourquoi pas moi ? ”, résume-t-elle. Même constat du côté de Fabrice Fouquet, président de la FFB du Loir-et-Cher, pour qui la visite d’un chantier de grande ampleur permet de saisir la complexité et la complémentarité des métiers. “ Un maçon, un peintre, un plâtrier, ce ne sont pas du tout les mêmes caractéristiques de travail. Sur un même chantier, on peut voir toutes les étapes de construction d’un bâtiment. ”

Redonner du sens à l’acte de construire

Ce qui frappe les jeunes visiteurs, selon Fabrice Fouquet, c’est la dimension concrète et collective du travail. “ Derrière un mur, il y a des câbles, des supports, toute une suite de choses. Ça ouvre des interrogations et des connaissances. Faire un bâtiment, ça a du sens : on part d’un plan, d’un projet d’architecte, et derrière il y a des entreprises, des équipes, des métiers. ”
Un argument qui résonne particulièrement auprès d’une génération en quête d’utilité sociale. “ Ces jeunes cherchent du sens. Construire un lieu de vie, travailler sur des projets toujours différents, tout en gardant la même technicité, c’est très riche. ” Et d’ajouter un message sans détour : “ Ce sont des métiers d’avenir, où l’on est aujourd’hui correctement rémunéré, parce que si on veut attirer les jeunes, il faut leur offrir de bonnes conditions. ”

De la découverte à l’excellence : des parcours rendus visibles

À Blois, cette logique de valorisation trouve un écho direct avec l’inauguration récente du “ Mur de l’excellence ” sur le campus 41 du BTP CFA Centre-Val de Loire. Trois murs symboliques mettent à l’honneur champions des Worldskills, des Meilleurs Apprentis de France et des parcours méritants, illustrant les trajectoires possibles dans le secteur. “ Cela crée un sentiment d’appartenance aux métiers du BTP et ça fait le lien entre les apprentis et les organisations professionnelles ”, souligne Laurent Rabaté, directeur adjoint de l’établissement. Certains profils partis d’un CAP sont aujourd’hui chefs d’entreprise ou chefs de chantier, rappelant que le bâtiment offre de réelles perspectives d’évolution. Des murs encore appelés à s’enrichir, peut-être demain avec les jeunes visiteurs d’aujourd’hui. Car entre la découverte d’un chantier et l’inscription en CFA, le premier pas est souvent le plus décisif…

Bâtir des vocations dans le BTP : quand un chantier devient un levier d’orientation et de sens
Christophe Delmur, directeur
et Laurent Rabaté, directeur adjoint devant
le “Mur de l’excellence” qui orne le BTP-CFA de Blois

Nicolas Terrien