
L’eau est un bien de consommation précieux qui se raréfie. Si les particuliers sont régulièrement sensibilisés à son économie, les professionnels du bâtiment ont, eux aussi, pris conscience de leur responsabilité, et travaillent le sujet.
À l’occasion des élections municipales, la CERC, cellule économique régionale de la construction Centre-VdL, vient d’éditer avec la FRTP (Fédération des Travaux Publics) le résultat d’études menées auprès des collectivités et des entreprises du bâtiment, quant à l’utilisation de l’eau potable pour les chantiers, l’état des réseaux de distribution et d’assainissement collectif, ainsi que des stations d’épuration. Les résultats sont plutôt alarmants quant à la qualité de ces réseaux et à la maintenance qui en est faite.
Pour exemple, le Loiret compte 7200 km de canalisations d’eau potable… et 16 % de perte ! Le département du Cher ne fait pas mieux, avec 9000 km de canalisations et 22 % de perte. Quant au réseau d’assainissement collectif, chacun des départements en compte entre 1200 et 3000 km, et pèche par un manque d’entretien manifeste. Au rythme actuel des travaux, il faudrait 120 ans pour renouveler l’intégralité du réseau d’Indre-et-Loire, et 1279 années en Eure-et-Loir !
Les stations d’épuration ont toutes plus de 30 ans, ce qui n’est pas grave en soi, mais qui augure du risque de ne bientôt plus être aux normes.
wh2>Ce qui ne se voit pas n’est pas une priorité
« On perd plus d’argent à ne rien faire, qu’à investir », assure Christian Beaudin, président de la FRTP Centre. Pourtant, tous les professionnels s’accordent à le dire, les élus préfèrent légitimement investir dans les aménagements visibles. Les tuyauteries en sous-sol ne sont pas une priorité. Pourtant, la Banque des territoires prête les financements nécessaires sur 70 ans. Mais là encore, c’est prendre le risque d’endetter sa commune au-delà de son propre mandat. Une solution consisterait à augmenter le prix de l’eau, mais la mesure ne passe pas dans un programme électoral. Pourtant, nos réseaux français ont entre 200 et 300 ans, et leur détérioration naturelle s’accroît avec le dérèglement climatique, encore lui, qui assèche les terres et en favorise la rétractation.
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Stéphane De Laage


