
Bien au-delà du greenwashing, l’obtention d’un label environnemental est souvent la marque d’une volonté forte, portée par le chef d’entreprise. En l’occurrence, elle démontre qu’un tel engagement est à la fois possible et bénéfique pour tous.
Quand on est un bailleur social et que l’on va investir 1,2 milliard d’euros dans les dix prochaines années, pour la construction de 5000 logements neufs et 7000 réhabilitations, il peut être à la fois étonnant et normal, de se poser quelques questions à propos de son impact sur la planète. C’est ce qu’a fait Valloire Habitat, premier bailleur social, et première ETI de France à obtenir la certification AFAQ biodiversité.
« Construire, ça veut dire utiliser du béton, de l’eau, du ciment, autant de matières premières qui sont, disons-le, destructrices pour la planète. On en a pris conscience, nous avons un devoir de moralité, et nous réfléchissons sans cesse à notre action pour le vivant ». Vincent Henneron directeur général de Valloire Habitat, a choisi d’associer son entreprise et de conventionner avec des partenaires, comme Loiret Nature Environnement et l’Office français de la biodiversité, pour prendre en compte l’environnement dans l’action de construire.
« Au-delà de la fonction primaire du logement, il y a la géothermie, le plan solaire, l’isolation, bien sûr, les jardins et les arbres, la réutilisation de l’eau. Il y a un boulevard devant nous pour faire mieux ».
« Il faut gérer, c’est tout »
Et c’est parfois dans les détails que se niche l’excellence. Par exemple, désormais lorsque Valloire Habitat déconstruit un immeuble, le plan de démolition anticipe pour protéger la nidification des martinets, des hirondelles, et des espèces protégées comme les chauves-souris, qui méritent aussi qu’on y prête attention. « Toutes nos actions comme celles-ci ne génèrent pas obligatoirement de surcoûts, admet Vincent Henneron. Il faut gérer, c’est tout ». Pour Loiret Nature Environnement, cette approche est la bonne façon de trouver des solutions. LNE fait des préconisations, et le bailleur tente de trouver les solutions appropriées, par exemple des nichoirs intégrés aux matériaux isolants extérieurs. Il fallait y penser.
Jean-Noël Rieffel, de l’OFB, Office français de la biodiversité, ajoute que la préservation et l’affaire de toute la société civile, des entreprises et des collectivités. Il rappelle également l’existence du label « entreprise engagée pour la nature », déployé depuis 2025 en Région Centre-VdL. « C’est une réflexion de fond, propre à chaque entreprise », dit-il. L’objectif de l’État est de compter 5000 entreprises engagées en 2030. La ligne pour Vincent Henneron, qui devrait obtenir le label cette année 2026, « c’est une maturité d’entreprise pour coconstruire avec des partenaires qui sont à la fois apporteurs d’idées, et demandeurs d’entreprises exemplaires.
Valloire Habitat, qui est notée par l’agence Moody’s, obtient des financements et des prêts à taux bonifié grâce à ses indicateurs RSE. C’est donc, pour elle, au-delà de l’engagement humain, une opportunité pour un développement économique plus rapide.
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Stéphane De Laage


