Grâce à l’Adie, l’entrepreneuriat croît dans les zones fragiles du Centre-Val de Loire

Grâce à l’Adie, l’entrepreneuriat croît dans les zones fragiles du Centre-Val de Loire

Spécialiste du micro-crédit, notamment dans les quartiers difficiles et les zones rurales, l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) voit ses bénéficiaires sur le territoire croître chaque année. Explications.

Alors que l’envie d’entreprendre est deux fois plus forte dans les quartiers dits prioritaires de la ville que sur le reste du territoire, ils concentrent cinq fois moins de créations d’entreprises. L’Association pour le droit à l’initiative économique, qui lancera en juin et en octobre prochain ses prochaines “ semaines pour créer sa boîte ”, tente de réduire cet écart depuis 36 ans. Avec quelques 785 dossiers financés, via des micro-crédits n’excédant pas 12 000 euros, pour la création d’entreprises en 2025 dans les zones fragiles urbaines et rurales du Centre-Val de Loire, elle met en avant une augmentation de 10 % vs 2024.

Lever les freins

Plusieurs paramètres se conjuguent pour expliquer le retard dans ces territoires. “ Le premier est la difficulté d’obtenir des financements auprès des banques, explique Céline Constantin, directrice régionale de l’Adie. L’auto-censure, le manque de référence locale et enfin la précarité constituent également des freins au passage à l’acte d’entreprendre ”. Environ 4,5 millions d’euros ont ainsi été apportés l’année dernière par l’Adie pour mener des projets, pour lesquels elle a servi de caution auprès des établissements bancaires. “ Notre rôle est de lever l’ensemble de ces freins, poursuit la directrice régionale. Pour ce faire, nous endossons un rôle de tiers de confiance ”

Commerce de proximité et services à la personne

Outre le financement, l’Adie, qui emploie 14 salariés et s’appuie sur 35 bénévoles en Centre-Val de Loire, agit ainsi comme coach via des ateliers collectifs ou personnalisés. L’association joue aussi un rôle de facilitateur au plan des démarches administratives qui restent lourdes en matière de création d’entreprises en France. Des clés dont s’est emparé Rachid Bouaoud en Indre-et-Loire. Epicier à Sorigny dans le sud de la Touraine, ce commerçant a pu ouvrir récemment un second magasin dans le centre-ville de Tours grâce à un prêt de 7 000 euros.
Marie Ketsia Lemba a quant à elle créé en 2024 la société Jeams, spécialisée dans le placement d’alternants dans les entreprises. Enfin Sophie Messanger, artisane vitrailliste à Chartres, a elle aussi pu ouvrir son atelier grâce au coup de pouce de l’Adie.
En Centre-Val de Loire, le commerce de proximité, l’aide à la personne et l’artisanat, qui requiert des moyens financiers limités, sont les trois principaux domaines d’activité où l’association est intervenue.

Guillaume Fischer
Photo : © Adie – Marie-Ketsia Lemba