
Né de l’amitié de cinq copains, le festival chartrain s’apprête à vivre sa 12ème édition les 5 et 6 juin. Rencontre avec Léo Brou, directeur et programmateur.
Aux Grands Prés de Chartres, Léo Brou et son équipe préparent l’édition 2026 de L’Paille à Sons. Douze ans après sa création, le festival a gardé son âme. « On voulait créer un lieu de vie éphémère, de proximité, de mixité autour de la culture », explique-t-il. De cinq amis fondateurs, trois sont encore dans l’aventure au sein de l’association Les Sons du Sous-Sol. L’ambition : faire voyager les Euréliens sans autre prétention que de passer un bon moment.
Les chiffres en attestent : 3 400 festivaliers en 2025, un public à 60% local. « On tient à rester à taille humaine, familial », insiste Léo Brou. Le prix reflète cette accessibilité : 40 euros le pass deux jours, gratuit pour les moins de 15 ans.
L’Paille à Sons se positionne comme « un festival humain et excentrique de musiques actuelles d’ici et d’ailleurs ». Ce qui se confirme avec une programmation éclectique en 2026. Le vendredi, Danakil et La Rue Kétanou côtoient Gagarine Is Not Dead. Le samedi, Oxmo Puccino apporte son rap jazzy, tandis que Karpatt et Romane Santarelli feront danser le public.
Écologie et parité
Loin du greenwashing, l’équipe applique les fondamentaux. « Pas besoin de le crier, mais agir », martèle Léo Brou. L’association s’est formée à la transition durable des événements et applique maintenant la règle des 5 R du zéro déchet : refuser, réduire, réutiliser, recycler, rendre à la terre. Les gobelets sont donc mutualisés avec d’autres festivals, lavés dans un ESAT, réduisant l’empreinte de 30%. Prestataires locaux, produits en circuit court, toilettes sèches complètent le dispositif. « Ce qui a le plus d’impact dans un festival, ce n’est pas tant l’énergie consommée par la scène. Le cœur du problème, c’est le transport et donc les émissions indirectes émises par la venue des festivaliers sur l’événement », explique Léo Brou. Le bilan carbone de L’Paille à Sons révèle que le transport représente 60% des émissions. La parade ? Un site accessible à pied, à vélo (20% des festivaliers), en train et en bus.
Autre combat : la parité. Le festival est passé de 16% à 33% de présence féminine sur les plateaux artistiques. « On a doublé la représentation des femmes », affirme le programmateur.
Avec 240 000 euros de budget financé à 55% par l’autofinancement, L’Paille à Sons incarne cette culture associative qui mise sur le vivre ensemble tout en œuvrant à respecter la planète.
Sophie Manuel
Crédit Photo : Dominique Joly


