Navettes-bus autonomes : les premières rouleront à Châteauroux dès cette année

Navettes-bus autonomes : les premières rouleront à Châteauroux dès cette année

En France, la première ligne de transports publics autonomes en conditions réelles de circulation sera ouverte en septembre prochain dans la préfecture de l’Indre. Les derniers tests de fiabilité des navettes bus ont lieu actuellement, réalisés par l’opérateur Kéolis.

Un ancien hangar de l’ancienne base aérienne 703 de Châteauroux-Déols, où le Centre National de Tir Sportif (CNTS) s’est installé en 2018 sur près de 80 hectares. Lui-même a accueilli un an plus tard le Site d’essais de la mobilité autonome (Sema) de Kéolis, qui réalise des tests de modèles pour une dizaine de constructeurs de bus dans le monde. C’est dans cet entrepôt anonyme que sont stockées, pour y être testées, plusieurs navettes autonomes co-produites par Renault et le constructeur chinois Weerise. D’une capacité de huit voyageurs, ces véhicules seront mis en service en septembre 2026 sur la ligne de bus qui dessert depuis la gare SNCF le nouveau centre aquatique de Châteauroux Balsaneo.
Testées depuis plusieurs mois dans les allées de l’immense CNTS avec des techniciens à bord, les navettes sont programmées pour un périmètre géographique, modulable y compris en cours de service. Elles réalisent ainsi plusieurs fois par jour des circuits intégrant les différentes hypothèses de circulation. Supervisées depuis un PC installé sur place par un technicien, elles sont également capables de doubler et de piler net en cas d’imprévu.

Deuxième ligne castelroussine déjà programmée

Pour Kéolis, l’innovation répond à trois objectifs prioritaires. “ Il s’agit d’une part de pallier la raréfaction des compétences, le métier de conducteur suscitant de moins en moins de vocations, précise Alexandre Flon, directeur de secteur Centre-Val de Loire de Kéolis. D’autre part, les véhicules autonomes permettent d’assurer un service plus étendu, car plus modulable. Enfin, nous réaliserons des économies d’échelle, un seul superviseur étant en situation de coordonner plusieurs navettes ”.
Autant d’atouts grâce auxquels les navettes autonomes, restées en France à l’état expérimental depuis une décennie, pourraient désormais avoir le vent en poupe. “ En cas de réussite, une seconde ligne de bus autonomes entre le parc de Belle île et la place Voltaire à Châteauroux est d’ores et déjà programmée en 2028, se félicite de son côté Emeric Claveau, chef de projet au sein du groupe Kéolis. La métropole d’Orléans, où ont eu lieu en novembre dernier les Rencontres nationales du transport public, est également intéressée. Et d’autres collectivités nous ont questionnés pour la mise en œuvre de tests ”.

Guillaume Fischer