
Il y a des projets qui naissent d’un plan précis et d’autres d’une intuition tenace. HKVOR appartient clairement à la seconde catégorie. À l’origine, Olivier Defrance, 29 ans, podologue de formation, ne se destinait ni à l’industrie ni à la chimie. Et pourtant, en s’interrogeant sur la valorisation des déchets issus de sa pratique – ongles et hyperkératose plantaire – il met le doigt sur une protéine omniprésente et sous-exploitée : la kératine.
« C’est assez étonnant, je le dis souvent : j’ai toujours eu l’impression de savoir où j’allais alors que je n’y connaissais rien », raconte-t-il. Sans bagage scientifique autre que des bases scolaires, Olivier s’immerge dans les brevets, les publications et les études de marché. Il comprend vite que la kératine est partout : cosmétiques, compléments alimentaires, agriculture, dispositifs médicaux. Mais aussi que son extraction repose majoritairement sur des procédés chimiques lourds, peu compatibles avec les exigences environnementales actuelles.
Installée aujourd’hui à l’AGREEN LAB’O, le petit frère du LAB’O Village by CA Orléans dédié aux entreprises innovantes dans l’agriculture, l’agroalimentaire et les transitions environnementales, HKVOR s’inscrit pleinement dans l’écosystème d’innovation orléanais. Un choix assumé par son fondateur. « S’installer à Orléans, à l’AGREEN LAB’O, c’était une évidence. On est au contact d’un écosystème qui comprend nos enjeux agricoles, industriels et environnementaux et qui nous permet d’avancer plus vite », souligne Olivier Defrance. Depuis son implantation, la startup est principalement accompagnée par la Technopole d’Orléans et Dev’Up, un appui structurant dans les phases clés de son développement.
Le pivot décisif : de l’ongle à la laine
Très tôt, la réalité industrielle rattrape l’idée initiale. Extraire de la kératine à partir d’ongles ou de peau pose des problèmes d’échelle, de réglementation et d’acceptabilité. Le projet pivote. Olivier identifie alors une ressource massive, locale et oubliée : la laine française. Chaque année, près de 10 000 tonnes sont produites, dont seulement 4 % sont valorisées. Le reste est stocké, enfoui, parfois détruit.
Avec l’appui du Genopole d’Évry, puis l’arrivée de son associé et scientifique Bechr Hamrita, HKVOR développe un procédé d’extraction inédit, aujourd’hui protégé par deux brevets. Un procédé « ultra-propre » : sans solvants agressifs, sans résidus chimiques, et avec une traçabilité complète, de l’éleveur au produit fini. La kératine obtenue est hautement concentrée – près de 90 % – et conserve l’intégrité de ses composants naturels.
Ce contenu est réservé aux abonnés
Afin d'accéder à la totalité du contenu, abonnez-vous à l'épicentre grâce à l'une de nos formules en cliquant ci-dessous.
Fabienne Bonvoisin


