
Il y a deux ans tout juste, François Bonneau, président de la Région Centre, présentait avec le président d’Alstom, la première circulation expérimentale d’un train léger à hydrogène. C’était sur la ligne Tours-Loches. Qu’en est-il depuis ?
L’ambition est de préserver les petites lignes, menacées de fermeture en 2018 par le rapport Spinetta. L’autre enjeu est à l’horizon 2035, de ne plus avoir de train diesel sur nos lignes. Cette date coïncide avec la fin de certains contrats d’exploitation en cours des opérateurs, avec donc les appels d’offres qui seront lancés dans les années 2030, 31 et 32 et, on l’espère l’homologation en France, des trains nouvelle génération, notamment à hydrogène. Ce n’est toujours pas le cas, alors que ces mêmes trains circulent déjà en Allemagne. Pour l’heure, Alstom et Siemens, travaillent le sujet pour l’hexagone.
Projets de territoires
L’hydrogène n’est certes pas la panacée. D’autres énergies comme les batteries électriques et le bio GNV sont aussi à l’étude. “ Ce qui nous importe, explique Philippe Fournié, vice-président de la Région en charge des mobilités, c’est de faire coïncider ces choix avec des projets de territoires ”. On pense notamment à la ligne Chartres- Courtalain en Eure-et-Loir, qui servira Illiers-Combray site de la future plateforme Amazon avec 2.000 emplois. “ Ne pourrait-on pas négocier, suggère Philippe Fournié, qu’une partie des colis partent vers Chartres par le train et non par camion ” ?
Une autre adaptation consisterait à privilégier le train à hydrogène sur les lignes qui desservent la Touraine, puisque ce territoire est justement en phase de production de cette énergie. Autre exemple enfin, celui de la ligne Le Blanc-Argent, qui dessert à la fois les scolaires et une activité touristique importante au cœur de la Sologne. La Région Centre aura investi 350M€ pour la mise à niveau de ses petites lignes. “ Ces investissements sont indispensables pour ne pas les fermer à terme. Il est urgent de faire les bons choix énergétiques pour la pérennité de nos transports. ”
Stéphane de Laage


