Comment Châteauroux comble les dents creuses

Comment Châteauroux comble les dents creuses

Les Castelroussins ont vu s’installer fin décembre 2025 en plein centre-ville un nouveau cabinet de cinq dentistes. Une aubaine pour des milliers d’habitants, qui jusqu’à présent en étaient privés.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec seulement 38 dentistes pour 100 000 habitants en 2025, l’Indre est le troisième département le moins doté de l’Hexagone après la Corrèze et la Mayenne. A Châteauroux et son agglomération, qui recensent une population de 75000 personnes, une vingtaine de dentistes soignent caries et dents de sagesse. Cette pénurie a poussé la métropole castelroussine à trouver une première solution concrète en 2024. Défavorable aux subventions d’installation « qui attire les chasseurs des primes », selon Philippe Simonet, adjoint au maire de Châteauroux en charge de la santé, la métropole avait privilégié une première convention avec la structure Oasis.

Professionnels européens

Cette association, qui source et salarie des dentistes de l’Union européenne, essentiellement roumains, grecs, espagnols et portugais, a ainsi monté un premier centre de quatre dentistes à Déols, dans l’agglomération proche de Châteauroux, avec l’aide de la collectivité. « Après une année de visibilité, qui nous a permis de constater l’efficience du nouveau cabinet, nous avons décidé de récidiver dans la ville centre, explique Philippe Simonet. Notre appui intervient essentiellement à deux niveaux. D’une part la facilitation du processus d’installation, notamment pour la recherche de locaux bien placés et adaptés. D’autre part, le vote d’une subvention de 30 000 euros qui crédibilise le projet d’Oasis auprès des banques ».

Maisons de santé prioritaires

Dans les faits, le cabinet de cinq nouveaux dentistes installés rue Victor Hugo aura mobilisé au total environ un million d’euros, entre l’achat des locaux et des équipements médicaux. Il permettra à plusieurs milliers de Castelroussins de bénéficier de soins dentaires sans devoir, comme avant, faire 100 kilomètres en moyenne pour bénéficier de soins à Bourges dans le Cher, ou à Tours en Indre-et-Loire. Ce constat n’est pas limité à la dentisterie mais également applicable à la médecine en général. Avec seulement 100 médecins pour 220 000 habitants, l’Indre, et notamment Châteauroux Métropole, tentent de boucher les trous via les Maisons de Santé Prioritaires (MSP). Après la création d’une première unité de six médecins généralistes dans les quartiers Saint-Jean et Saint-Jacques, une seconde démarrera à Vaugirard en mars prochain. Toujours à Châteauroux, la troisième MSP de Beaulieu sortira en principe de terre fin 2027. Illustration de la politique volontariste de la ville pour muscler cette fois en amont l’offre de soins, une première année d’étude de médecine a été lancée au sein du petit pôle universitaire, et des bourses sont proposés aux étudiants qui reviennent exercer à Châteauroux.

Guillaume Fischer